jeudi, mai 04, 2006

Mission: Impossible III (J.J. Abrams)

Le film étant sorti trop récemment pour que tout le monde l'ait vu, et n'ayant pas envie de spoiler les multiples rebondissements que J.J. Abrams a importé de ses expériences télévisuelles sur Alias et Lost afin de livrer ce qui est le meilleur opus de la franchise à ce jour, je ne me livrerai donc pas à une critique complète du film.

Non, ce qui m'a le plus bluffé, c'est la force de la séquence d'ouverture. Voilà, une vraie leçon de cinéma. Comment scotcher toute une salle à son fauteuil en à peine 20 secondes. Je crois que le dernier film qui m'ait accroché de façon aussi immédiate est Une Journée en enfer (John McTiernan, 1995). Sauf qu'ici, pas besoin d'une explosion soudaine au coeur de New-York pour retourner le spectateur. Juste deux acteurs excellents (tout le monde s'accordera là-dessus concernant Philipp Seymour Hoffman; quant à Tom Cruise, tant pis pour ceux qui se focalisent uniquement sur ses couvertures de tabloïd et ses délires scientologiques), des dialogues efficaces et une situation haletante, climax du film, flash-forwardé par l'ami Abrams afin d'insuffler au personnage d'Ethan Hunt la force émotionnelle absente des deux précédents volets.

Voilà comment démarre le blockbuster hollywoodien le plus réussi qu'on ait vu depuis un moment, et qui risque à sa manière de redéfinir les règles du cinéma de divertissement pour les deux ou trois années à venir, comme l'avait fait à son époque un certain Piège de Cristal. J.J. Abrams, digne successeur de McTiernan ?

Belle & Sébastian en concert sur France Inter... dans deux heures à peine

Si vous lisez ce message à temps, jetez vous sur France Inter dès 21 heures ce soir. En prélude à leurs concerts de demain et après demain au Bataclan, les écossais de Belle & Sebastian sont en black session chez Bernard Lenoir au studio 105 de la Maison de la radio.

Bonne soirée à tous et bonne écoute.

P.S. Pour trouver les fréquences ou écouter en streaming de chez vous, jetez un coup d'oeil sur le site de France Inter.

mardi, mai 02, 2006

Voir Venise et...

Ce week-end, Aurélia et moi étions à Venise. Une courte escapade programmée depuis décembre par ma chère et tendre qui commençait à avoir un besoin urgent de s'échapper de notre grise capitale pour des contrées plus ensoleillées. De mon côté, j'avoue que j'étais excité à l'idée de découvrir cette cité construite sur l'eau. Même si en même temps, je n'arrivais pas à m'ôter de la tête l'image assez austère d'une ville morte à l'architecture figée dans le passé que m'avait laissé à l'esprit l'atmosphère du chef-d'oeuvre de Luchino Visconti, Mort à Venise.

Départ le vendredi soir par train couchette au départ de la Gare de Bercy. Le voyage se passe sereinement, d'autant que pour une fois, nous avons eu de la chance concernant les gens qui partageaient le compartiment avec nous. 13 heures plus tard, soit à 9h30, nous arrivons à Venise. Déjà, pendant les dernières minutes de trajet, nous ne voyons qu'une immense étendue d'eau de chaque côté de la voie ferrée, tandis qu'un léger brouillard renforce la dimension onirique de cet environnement.

Une fois sorti de la gare, c'est le dépaysement total. Le grand canal avec ses gondoles et ses vaporettos, un palais au dome vert en face de nous, des habitations aux couleurs rouges et oranges comme à Nice. Le week-end s'annonce agréable. Vu que nous avons deux heures à tuer avant d'arriver à l'hôtel, Aurélia et moi décidons de traverser la ville en y allant à pied. La ballade est super agréable et nous permet de prendre nos premiers repères. Dommage que je me trimballe une valise de 15 kg (estimation personnelle et sans doute exagérée) avec moi.

L'après-midi, nous poursuivons notre tour de la ville en explorant la partie sud et ses petites rues bien caractéristiques, que j'ai toutes l'impression d'avoir déjà vu dans Tout le monde dit I love you de Woody Allen. La présence permanente de l'eau et l'absence de circulation automobile font vraiment un bien fou.

Dimanche matin, le reveil est moins agréable. Il a plu toute la nuit et continue de pleuvoir. Nous sortons le mieux couvert possible avec les deux pauvres pulls que nous avons embarqué, mais même avec, le froid est mordant et j'avoue envier le coupe-vent du moindre passant. Heureusement, nous avons prévu de démarrer notre journée par la visite du palais des doges. En plus de l'architeture unique, nous pouvons profiter des magnifiques toiles de Véronèse, du Titien et du Tintoret, avec notamment son imposant Paradis, qui orne la salle du Grand Conseil. Je découvre également un artiste que je ne connaissais pas en la personne de Palma le Jeune, moins touchant que ses aînés, mais dont les reproductions très photoréalistes ont sûrement influencé de nos jours le dessinateur Alex Ross.

L'après-midi, suite aux souvenirs d'Aurélia, nous décidons d'aller faire un tour sur l'île du Lido, puisque son père lui en avait dit le plus grand bien auparavant. A peine débarqué du bateau faisant la liaison, nous sommes étonnés de voir des bus dont les itinéraires sillonent l'île. En avancant un peu dans les rues, nous comprenons rapidement que le Lido est finalement une station balnéaire assez commune. Nous la traversons en large afin de voir l'étendue de la lagune depuis son île la plus éloignée. Une fois arrivé sur la plage déserte, au sable noir, à contempler la mer déchaînée et le ciel menaçant, nous décidons de retourner à Venise.

Nous passons l'après-midi à nous balader dans les rues, alternant visites d'église et léche-vitrine, sans oublier une halte au supermarché local pour faire le plein de pâtisseries italiennes et de pâtes introuvables en France. C'est d'ailleurs au cours de cet après-midi que je découvre mon meilleur souvenir culinaire de ce week-end : les glaces parfumées à la cerise amarena, tout simplement délicieuses, qui vont me faire regretter l'Italie.

Lundi matin, réveil à 6h30 afin de profiter au maximum de la matinée avant de devoir partir pour l'aéroport à 12h30. Lorsque nous sortons de l'hôtel, le temps est splendide et les rues désertes. Quasiment seuls sur le ponton du vaporetto, nous profitons du lever du soleil. Nous embarquons des jardins où se tient régulièrement la biennale de Venise à l'est de la ville. Nous croisons seulement des retraités vénitiens et quelques joggers (à se demander s'ils ont tous vu Tout le monde dit I love you ou si Woody Allen n'a fait que reproduire la réalité). De là, nous retraversons l'île, en passant par l'arsenal et les petites rues que nous n'avions pas encore visités.

Après avoir récupéré nos bagages à l'hôtel, nous profitons une dernière fois de la ville lors du trajet en vaporetto en direction de la Piazzale Roma, où se situe la gare routière et le bus faisant la liaison avec l'aéroport. Arrivé là-bas, déjà, le vacarme de la circulation nous fait regretter la fin de notre séjour. A 15h00, l'avion décolle pour Paris (via Copenhague), laissant un peu de nos coeurs dans la cité lacustre.

mercredi, avril 26, 2006

Lenoir, still here after all these years

Télévision en panne suite à l'orage, pas de séance DVD ce soir. A la place, j'allume la radio. Mais aujourd'hui Ouï FM me fatigue. Il est 21h00. Je décide de me rabattre sur France Inter pour voir si Bernard Lenoir est encore là.

Cela fait plus de cinq ans que je ne l'ai pas écouté. Au cours de mes années de lycée, son émission et ses Black Sessions m'ont permis de découvrir les piliers de ma cdthèque actuelle (Belle & Sebastian, The Divine Comedy, Pixies, The Smiths, Jay-jay Johanson, etc...). C'était un vrai plaisir de l'écouter de 21h30 à 23h00.Puis, mon arrivée à la fac, le début de mes soirées étudiantes et le passage de son émission à un horaire plus avancé (21h-22h) m'ont fait abandonné son écoute. Rajoutez ensuite mes débuts dans la vie active où je bossais le soir et vous comprendrez que j'ai par la suite totalement perdu l'habitude d'allumer ma radio à temps pour profiter des pépites dénichés par le plus grand défricheur musical que la radio nous ait offerte.

Ce soir, tout démarre par un morceau rock franchement sympa. Bernard nous apprend qu'il s'agit d'un extrait de l'album à paraître de Radio 4. En voilà qui a directement atteri sur ma wishlist. Puis, au tour de Divine Comedy, dont l'album sortira seulement le 19 juin... Ca paraît loin pour retrouver Neil Hannon qui a l'air d'être au top de sa forme. A moins que j'emmène Aurélia à la Cigale le 11 mai pour voir sur scène ce que cela donne.

L'émission continue... Ca fait du bien de retrouver le même plaisir d'écoute qu'en 1996. Continue, Bernard. Et dire que depuis 30 ans, c'est le même homme qui façonne le paysage musical de nombreux adolescents. Pour tous ces moments d'évasion, seul dans ma chambre quand j'avais 16 ans, merci Bernard.

lundi, avril 24, 2006

Oui, je délaisse mon blog...

... et alors ? C'est vrai, enfin. Comment font-ils ces gens qui arrivent à pondre un billet quotidiennement. Et en plus à être intéressant (quoique pas toujours ?). Moi, j'en suis jaloux. C'est vrai que de mon côté, je fonctionne à deux vitesses. Soit je ponds un article sur un film, en essayant d'apporter un vrai point de vue, ou alors comme aujourd'hui, j'ai envie d'aligner quelques mots histoire de ne pas laisser le blog à l'abandon et je laisse vagabonder allègrement ma pensée, en mode écriture automatique (ou presque).

Bon, pour ceux qui me connaissent et viennent ici pour prendre des news, la vie suit son cours. Le printemps est là, le soleil avec lui, pour notre plus grand plaisir à Aurélia et moi, sans parler de Piou-piou, qui a une pêche d'enfer et semble prendre un grand plaisir à faire des aller-retours incessants entre sa cage et l'étagère.

Au niveau cinéma, un rapide et bref compte-rendu des films vus ces dernières semaines :

-L'Âge de Glace 2 : Les gags de Scratt sont toujours aussi réussis, retrouvant l'esprit des meilleurs Chuck Jones, avec un sens du gag et du timing absolument sidérants. A côté, les aventures des trois autres compères semblent tout de suite plus fades et destinés à un public plus jeune. A quand Scratt le long-métrage... ?

- Wassup Rockers : Larry Clark sait toujours aussi bien saisir les corps impatients de désir des adolescents. En décidant d'abandonner la jeunesse dorée de Bully et Ken Park au profit de skateurs latinos, il offre aujourd'hui un film plus attachant. Leurs conditions de vie dans le ghetto de South Central n'empêchent pas ces ados de chercher à profiter de chaque jour, entre virée en skate, répétitions punk-rock énergiques et découverte de la sexualité. Mais si la partie "documentaire" fonctionne parfaitement, le film pêche un peu dans la seconde moitié, où nos héros, après avoir été invités par deux gamines bourgeoises nymphomanes avides d'ajouter des rebelles à leur tableau de chasse, se retrouvent à fuir de villa en villa. Larry Clark en profite alors pour "dénoncer" certaines figures stéréotypés, tels cet acteur fasciste qui abat un des jeunes traversant sa propriété, évoquant sans équivoque le Charlton Helston interviewé par Michael Moore pour Bowling for Columbine. Si dans ses autres films, ses attaques fonctionnaient puisque les cibles en étaient les protagonistes principaux, ici, ils ne sont que des personnages secondaires, qui apparaissent comme les "méchants" empêchant nos jeunes latinos de s'épanouir. En forcant ainsi le trait, Clark tombe dans une forme de manichéisme qui ôte toute force à son propos. Restent ces ados fascinants, qui profiteront, on l'espère, de la médiatisation du film pour échapper à leur quotidien.

- OSS 117: Le Caïre, Nid d'Espions : Contre toute attente, le film est vraiment réussi. C'est con, très con, ça fonctionne sur un nombre limité de running gags, qui se développent tout le long du film, et c'est vrai que cela reste assez référentiel. Mais, cela fonctionne très bien, les images sont léchées et l'interprétation incroyablement énergique de Bobino par Jean Dujardin finit d'emporter le morceau. Une vraie comédie comme on aimerait en voir plus souvent et à laquelle on souhaite un immense succès, à une époque où un très mauvais Les Bronzés 3 atteint les 10 millions d'entrée

vendredi, avril 14, 2006

Montage (presque) terminé

Cet après-midi, Vijay et moi avons apposé les dernières retouches au montage du concert de 222, filmé il y a déjà un mois. Je suis épaté par le travail de Vijay, qui a vraiment fourni du super boulot. Il ne reste plus qu'à arriver à recontacter le groupe pour leur montrer ce qu'on a fait et croiser les doigts pour que ça intéresse le label qui les a signés.

Wait and see.

mardi, mars 21, 2006

Morosité contagieuse.

Je suis heureux. Cette affirmation n'est pas seulement ponctuelle et propre à aujourd'hui, mais correspond plutôt à mon état d'esprit général depuis près de trois ans. Autrement dit, depuis que je suis avec Aurélia. Je partage ma vie avec quelqu'un que j'aime et qui m'aime, et avec qui la complicité est encore la même qu'au premier jour. J'ai la chance de pouvoir louer un appartement, à une époque où la crise du logement est sérieuse. Et depuis trois mois, j'exerce un boulot qui, s'il ne me satisfait pas totalement par rapport à mes aspirations d'adolsecent, me permet de subvenir à mes besoins tout en restant dans le domaine de l'audiovisuel.

Et pourtant, par moment, la morosité me gagne. Morosité ambiante d'une époque où les injustices sociales sont de plus en plus insupportables. Et où descendre dans la rue n'est pas forcément lié à un idéal fédérateur pour améliorer le monde, mais seulement à l'instinct de survie d'une génération qui veut éviter le pire pour son avenir. J'aurai voulu avoir un rêve. Mais notre génération ne croit plus en rien. Et surtout pas dans la classe politique. Nous savons depuis longtemps que la sphère du pouvoir n'est plus qu'une mascarade derrière laquelle tout n'est qu'économie de marché.

Alors, je me replie égoistement sur mon petit univers personnel, comme la plupart d'entre nous. Je cultive mon bonheur au quotidien, en essayant d'en faire profiter mes proches. Si seulement, cela pouvait suffire à améliorer le monde...

mardi, mars 14, 2006

Enfin une soirée pépère

Enfin une soirée calme. Il faut dire que la semaine dernière était bien exténuante. Et si la soirée raclette d'hier avec Louwaï et Bélinda était fort sympa, elle ne m'a pas permis de récupérer. Heureusement, ce soir, cela s'annonce tranquillou à la maison. Un bon petit repas, commencer à regarder la saison 1 de Clair de lune pour voir si c'est toujours aussi génial que dans mon souvenir, puis une bonne nuit de sommeil pour finir de me remettre de mon rhume carabiné. Et, à partir de demain, Aurélia et moi allons essayer de retourner un peu au cinéma. Parce que les concerts rock, c'est bien, mais pendant ce temps là, j'ai toujours Walk the line à voir, sans parler des sorties plus récentes comme Truman Capote. Et j'imagine qu'il ne vaut mieux pas que je regarde l'agenda des sorties de demain. Déjà que les affiches de Renaissance qui fleurissent dans Paris me font bien envie... C'est dur d'aimer le cinéma parfois...

samedi, mars 11, 2006

222... in Paris

Semaine trépidante suite à la venue sur Paris de 222, groupe ayant été à l'origine de mes sorties nocturnes dans le Vieux Nice à l'époque où j'étais étudiant. Et, en me ramenant à ces vieilles habitudes, leur passage dans la capitale a fortement perturbé le rythme de sommeil de ma factrice préférée (Aurélia, pour celui du fond qui ne suit pas). Le trio de base, composé de Louwaï, Bélinda et Mike, toujours aussi sympas, s'est renforcé de deux acolytes de choc, Christian et Fabrizio, issus d'un autre groupe phare de la scène niçoise : les Running Birds. Dès leur arrivée, lundi dernier, la soirée commence dans un bar, où c'est autour d'un verre que je renoue vraiment contact avec Louwaï et Bélinda (photos datant de 2001 ci-dessous) que je n'avais pas vu depuis deux ans. La soirée se poursuit à l'hippopotamus, où, en plus de sa capacité à reprendre inlassablement différentes garnitures avec sa viande, nous découvrons la gouaille toute italienne de Christian, le nouveau clavier du groupe, qui aurait pu tout aussi bien se lancer dans une carrière de one-man-show.

Louwai en 2001Belinda en 2001

Mercredi, plateau tremplin au Gibus, dans le cadre du festival Emergenza. Ce soir, huit groupes sont en lices pour accéder à l'étape suivante. A la fin de chaque prestation, le public dans la salle vote à main levée s'il a aimé le groupe ou pas. Le groupe qui a le plus de voix gagne sa place pour la prochaine phase éliminatoire. Avec un tel système, où les groupes parisiens arrivent à attirer leur propre public, on pourrait s'inquiéter pour 222, qui a forcèment moins de contacts sur la capitale. Finalement, après un set incroyablement énergique où Louwaï finira torse nu porté par la foule, le public en délire leur donnera plus de 100 votes, les amenant en deuxième position et donc qualifiés pour la prochaine phase prévue début avril.

Ce qui est impressionant à mes yeux, c'est leur évolution en deux ans. Leurs nouvelles compositions ont grandement bénéficié de leur travail avec un arrangeur, l'harmonie entre les différents instruments étant incroyablement plus travaillée qu'avant. La mélodie d'Hasta la victoria siempre me hante encore de longues heures après le concert.

Vendredi soir, le groupe joue au Stock (Paris XVIIIème), une petite salle appartenant à l'école de musique Atla où le groupe a fait ses classes. C'est accompagné de Nathalie, Olivier et Vijay que je filme leur prestation, que l'on qualifiera d'intimiste vu que le public ne s'est pas déplacé cette fois. Si cela a été une certaine déception pour le groupe, cela nous aura par contre permis d'obtenir des images réussies, à proximité du groupe. Il n'y aura plus qu'à rajouter quelques applaudissement au montage pour faire croire que la salle était pleine à craquer ;-) .

En attendant de découvrir leur album au mois de septembre (à défaut d'un DVD du concert de vendredi), n'hésitez pas à aller jeter un oeil sur leur site www.groupe222.com pour découvrir quelques extraits. Et si vous êtes sur Paris, jetez un coup d'oeil de temps en temps sur ce blog pour avoir une date du prochain concert dans le cadre du festival Emergenza.

jeudi, mars 02, 2006

Shadow of the Colossus

Plus de quatre ans après avoir marqué les esprits avec Ico, Fumito Ueda nous livre encore une fois un jeu à l'ambiance unique et envoûtante.

Sur un sentier au bord d'une falaise, un cavalier avance, transportant la dépouille inerte d'une jeune fille vêtue de blanc. Après avoir franchi de nombreux kilomètres, il arrive devant un passage étroit débouchant sur une immense vallée encastrée d'une ceinture alpine infranchissable. Face à lui, un pont interminable mène à un sanctuaire, dans lequel il pénètre. Après avoir déposé sur l'autel, le corps sans vie de celle qu'on imagine être sa fiancée, un esprit du nom de Dormin s'adresse à notre héros. Il lui propose un marché : si notre héros détruit les colosses errant dans cette contrée désertique, il pourra alors ramener sa bien-aimée à la vie...

Suite à cette énigmatique séquence d'ouverture, le jeu démarre. Vous prenez le contrôle du héros. Après avoir enfourché votre cheval, répondant au nom de Agro, vous commencez à traverser la plaine. En levant votre épée sacrée au soleil, vous déterminez la direction à suivre, les rayons lumineux refletés par votre arme se concentrant là où se situe votre prochain adversaire. Vous arrivez au pied d'une falaise. En l'escaladant, vous découvrez ainsi l'éventail d'actions à votre disposition : sauter, s'aggriper, se propulser vers une paroi en face, faire des roulades... Vous n'avez pas grand chose à envier au héros de Prince of Persia !

Alors que vous arrivez au sommet, un grondement sourd se fait entendre tandis qu'un pied immense entre soudainement dans votre champ de vision. Vous venez de rencontrer votre premier colosse. Lui ne vous a pas encore vu. En levant l'épée, les rayons du soleil vous indiquent où se situent ses points faibles. Une fois ceux-ci repérés, vous pouvez vous élancer vers le talon du géant, à partir duquel vous allez devoir remonter jusqu'à la tête...


Avec Shadow of the Colossus, le jeu vidéo atteint son concept le plus épuré. En premier lieu, l'histoire est réduite à son strict minimum émotionnel. Au cours du jeu, vous n'aurez guère plus d'informations sur les circonstances ayant amené le héros en ce lieu que celles contenues dans le résumé ouvrant cette critique. A partir de là, l'identification avec le personnage fonctionne énormément, puisque chaque joueur réagit de manière personnelle au pacte faustien proposé par Dormin. Tuer les colosses, oui, mais pour quelle raison ? Uniquement ramener votre bien-aimée d'entre les morts. Et quel est le prix à payer ? Le meurtre de colosses ancestraux, dont vous ignorez la nature exacte. bien que tout laisse à penser qu'ils sont des gardiens protecteurs. Alors, joueur, es-tu prêt à vendre ton âme ? Chacun fera son choix. A titre d'exemple, Aurélia a décidé de ne pas y jouer, après avoir assisté à la mise à mort du premier colosse, le côté tragique de sa chute étant de plus appuyé par une musique triste et nostalgique.

Par contre, si comme moi, vous décidez de poursuivre l'aventure, sachez que vous risquez l'immersion totale dans un monde à l'ambiance magnifique. Avec ce concept, Fumito Ueda touche à l'essence même du jeu vidéo, l'univers de Shadow of the Colossus faisant preuve d'un sens de l'épure incomparable. Tout d'abord, le concept des colosses lui-même synthétise une grande partie des jeux vidéo. Ici, l'exploration, assez sommaire, se résume à traverser des étendues immenses et variées afin de débusquer votre prochain adversaire. Fini, la structure niveaux/ennemis/boss. Ici, le colosse est tout cela à la fois, puisque le jeu peut se résumer au schéma suivant : localiser le colosse dans un des recoins de l'immense plaine, trouver son point faible, l'escalader pour atteindre son centre vital et le vaincre. Enoncé ainsi, cela peut sembler limité, et c'est pourtant tout ce qui fait la magie du jeu.


Les chevauchées uniquement rythmées par les galops d'Agro permettent l'immersion dans l'univers, précédant la fascination liée à la découverte des antres des colosses, toutes à l'architecture plus magnifique les unes que les autres. La PS2 est poussé dans ses retranchements techniques pour nous livrer une aire de jeu immense constituée d'une seule et unique zone (pas de temps de chargement entre les différents lieux), offrant, qui plus est, une profondeur de champ inédite, permettant de voir chaque élément du décor depuis des distances extrèmement éloignées.

Baigné d'une lumière cotonneuse, bercé par les compositions de Kô Otani (Ailes Grises), laissez vous tenter par l'invitation de Shadow of the Colossus à vivre des luttes homériques dans un univers d'une poésie inouïe.

mercredi, mars 01, 2006

Le Nouveau Monde (Terrence Malick)

1607. La découverte de la Virginie par une expédition britannique. La rencontre de deux peuples, les indiens natifs d'Amérique et les colons. La lutte pour la conquête du "nouveau monde". L'histoire d'amour entre John Smith, capitaine anglais, et Pocahontas, fille du chef indien Powhatan. Comment pour cette jeune fille vivant en communion avec la nature, le "nouveau monde" va devenir le paradis perdu...

Vous avez sûrement déjà tout lu sur Le Nouveau Monde. Terrence Malick, cinéaste le plus autarcique du monde depuis Stanley Kubrick, vient de réaliser son quatrième film en trente ans. Comme les trois précédents, il s'agit à nouveau d'une réussite, encensée de toutes parts par la critique. On y retrouve, comme dans La Ligne rouge, ce rapport panthéiste avec la nature, cette capacité à s'éloigner des conventions narratives pour créer un poème audiovisuel, où la lumière, la musique, les sons et l'utilisation de la voix off, nous invitent à une expérience mystique et unique.

Que puis-je ajouter qui n'ait déjà été dit ailleurs ? Rien, sinon que si vous n'avez pas encore vu ce film, dépêchez vous d'y aller.

Week-end imposé

Hier soir, après un petit repas japonais chez Higuma (Gyoza et Yakinikudon toujours aussi excellents), direction le Gaumont Opéra Premier pour Le Nouveau Monde. Terrence Mallick filme toujours la nature comme personne. J'ai adoré le film. J'y reviens plus en détails dans un prochain billet.

Aujourd'hui et demain, journées de RTT imposés. Oui, deux jours de repos, c'est cool. Maintenant, quand c'est décidé la veille à 10h00, parce qu'on se rend compte à l'administration que j'ai pas mal d'heures à récupérer et qu'à partir de la semaine prochaine, ça va être mission impossible, c'est un poil moins apprécié. Mais bon, je vais bien réussir à en profiter quand même.

Au programme, en vrac : séances ciné avec ma chére et tendre, avec au choix, Brokeback Mountain, L'Ivresse du pouvoir, Syriana, Get rich or die trying, Walk the Line, Mémoires d'une Geisha, 13 Tzameti. Aller faire un tour chez le coiffeur afin d'arrêter de ressembler à un fils caché des Beatles. Acheter un réveil pour ne plus être obligé de dormir trop près du téléphone portable et m'inquièter un peu moins des quantités d'ondes téléphoniques reçues par mon cerveau pendant la nuit. Ranger l'appartement. Terminer Shadow of the Colossus pendant qu'Aurélia fait sa tournée de factrice, vu qu'elle ne supporte pas d'assister à la mort des colosses du jeu, qui, il est vrai, est mise en scène de manière à faire culpabiliser le joueur (j'essaie d'y revenir également dans un billet plus détaillé une fois que j'ai fini le jeu). Finalement, 48 heures, ça va peut-être faire un peu court. Mais, bon, un week-end au milieu de la semaine, ça ne se refuse pas.

Bande-son du moment : les bruissements d'ailes de Piou-piou qui vole dans l'appartement.

dimanche, février 26, 2006

La Maison du diable (Robert Wise)


Titre original : The Haunting (1963)
Découvert en DVD aujourd'hui.

Chercheur en parapsychologie, la professeur Markway rassemble des gens liés de plus ou moins loin au surnaturel dans une maison hantée, dans le but d'arriver à établir des faits scientifiques sur l'existence de forces spirituelles. Parmi les invités, Eleanor, qui voit dans ce séjour l'opportunité de tirer un trait sur un lourd passé familial, va se retrouver confrontée à d'inquiétants phénomènes...

Réalisé en 1963, La Maison du Diable marque le retour de Robert Wise (Le Jour où la terre s'arrêta, West Side Story) au fantastique, genre dans lequel il avait effectué ses débuts à la mise en scène en 1944. Succédant à La Nuit de tous les mystères (William Castle) et Les Innocents (Jack Clayton), cette adaptation d'un roman de Shirley Jackson va finir de poser les bases d'un sous-genre bien précis : le film de maison hantée.

Découvrir le film aujourd'hui, c'est d'abord être confronté à des scènes devenues extrèmement clichés, suite au nombre de films de maison hantée de plus ou moins bonne qualité que tout spectateur actuel a ingurgité. De plus, les personnages et l'intrigue cessent quasiment d'évoluer à la moitié du film, ne laissant plus qu'une succesion de scènes d'horreur, qui, malheureusement ont énormèment perdu de leur efficacité en terme d'effroi.

Elles conservent tout de même un intérêt esthétique énorme, de par le sens du cadre, l'utilisation de la profondeur de champ, et l'excellent travail sonore. Un mot au sujet des superbes décors gothiques mis en valeur par un magnifique noir et blanc, ainsi qu'une mention à l'équipe des effets spéciaux pour la séquence où la porte se déforme. Enfin, les acteurs, sans être inoubliables, parviennent à nous faire rentrer dans l'histoire, en plus de faire passer de manière trouble l'ambiguité sexuelle de certains dialogues.

Une preuve de plus du talent de Robert Wise, qui a défaut d'être un auteur comme Orson Welles, dont il a monté les deux premiers films, a su être un excellent "filmmaker", livrant régulièrement de très bons films, contrairement à Jan De Bont, qui, en 1999, a réalisé un calamiteux remake de La Maison du diable, intitulé Hantise.

Retour au bercail

Aurélia est rentrée hier matin. Ça me fait un bien fou. Moi qui faisais mon macho que la séparation temporaire ne toucherait pas. Piou-piou a beaucoup chanté. Tout est dit.

jeudi, février 23, 2006

Coup de tête

Une journée relativement calme au travail. Je rentre tranquillement à pied à la maison; je suis au téléphone avec Emmanuelle pour lui dire que je ne passerai pas la voir, quand, soudain, un black d'une trentaine d'années que j'allais croiser s'écarte de sa trajectoire alors qu'il est à deux mètres de moi, avance vers moi les yeux exorbités et me fout un magistral coup de boule. J'ai à peine le temps de comprendre ce qui se passe que le mec a déjà repris sa route en se contentant de me hurler de dos : "T'en veux encore ?".

Sur le coup, je reste immobile, un peu sonné et me contente de lui crier un simple "T'es con ou quoi ?" histoire d'évacuer la colère qui vient de monter. Un passant s'approche de moi pour voir si je vais bien et me demande si je le connais. Bien évidemment, non.

Et plus que le coup et la douleur aigüe, ce qui m'énerve le plus, c'est de ne pas savoir ce qui a motivé son geste : était-il simplement fou ? M'a-t'il pris pour quelqu'un d'autre ? Ou bien avait-il simplement besoin de se soulager en frappant le premier passant venu là où les plus nerveux se contentent de mettre des coups dans des portes ou des murs ?

Alors, finalement, une heure après, je décide d'arrêter d'y penser. Et quel meilleur exutoire que de rédiger un petit billet sur mon blog pour faire partager cette histoire à tous les internautes qui consulteront cette page par hasard ? Voilà, ça, c'est fait. Maintenant, je tire un trait sur cette mésaventure et m'en vais préparer le bain de Piou-piou (souvenez-vous, le canari du billet précédent).

mercredi, février 22, 2006

A Paris abandonné... canaris et canapé...

Ma chère et tendre m'a abandonné le temps de passer quelques jours dans sa famille sur la Côte. Je me retrouve seul dans l'appartement, avec un canari.

Par moments, je pourrai me croire dans Le Samouraï de Melville. A la différence qu'Alain Delon a la bêtise de ne pas laisser son canari sortir de sa cage. Son personnage ferait sûrement moins la gueule si tout comme moi, il était assailli par un volatile, au beau milieu de son combat contre le troisième géant de Shadow of the Colossus, LE chef-d'oeuvre vidéoludique de ce début d'année.

Allez, fini de jouer, il me reste une petite heure pour ranger et préparer à manger avant de recevoir Jess et Sandy, qui vienne me tenir compagnie pour le dîner. Et moi qui n'ai pas préparé de poulet au curry depuis près d'un an...

Bande-son du moment : Belle & Sebastian - Act of the Apostle II

lundi, février 20, 2006

Fauteuils d'orchestre (Daniele Thompson)

Le film de Danièle Thompson est l'excellente surprise de ce début d'année. D'une facture classique, sa force repose bien évidemment sur son casting impeccable, où tous les interprètes servent à merveille des personnages réussis. Et surtout, sur sa structure scénaristique.

Fraîchement débarquée de Macon, la jeune Jessica (Cécile De France) arrive dans la capitale avec l'envie, héritée de sa grand-mère (Suzanne Flon dans son ultime rôle) de cotoyer le grand monde. A la recherche d'un travail, elle arrive à se faire embaucher en renfort au Bar des Théâtres, dont le patron appréhende "la soirée du 17" au cours de laquelle auront lieu simultanément le concert du pianiste virtuose Jean-François Lefort (Albert Dupontel), la représentation d'une pièce de Feydeau avec Catherine Versen (Valérie Lemercier), actrice populaire de la télévision qui rêve d'incarner Simone de Beauvoir pour un célèbre metteur en scène américain, et la mise aux enchères de l'imposante collection de Jacques Grumberg (Claude Brasseur), qui souhaite tirer ainsi un trait sur tout un pan de sa vie.

Avec un tel sujet dans un tel microcosme, on était en droit de s'attend à un film intello réalisé par et pour des parisiens fortunés. Il n'en est rien. En développant de multiples intrigues, qui s'épousent chacune en d'habiles contrepoints, Danièle et Christopher Thompson (qui joue également dans le film) livrent un scénario choral extrèmement réussi, où chaque personnage réussit à exister. Il faut également saluer les excellentes prestations de chacun des comédiens qui sont tous plus justes les uns que les autres. Le scénario est une véritable partition, où les histoires de chacun se croisent et résonnent les unes par rapport aux autres, à la manière d'une musique orchestrale. On mentionnera notamment Albert Dupontel, qui nous ayant habitué à des personnages plus ou moins déjantés, insuffle une réelle identité à ce personnage de pianiste qui souhaite défaire la musique classique de son apparat luxueux afin de faire partager sa passion aux foules.

La vulgarisation de tous les arts semble d'ailleurs être l'enjeu du film, qui les traite tous de front (théatre, musique, peinture, sculpture) et de la même manière. Quand Jessica déclare devant Le Baiser de Brancusi que c'est une oeuvre qui donne envie d'être amoureux, Jacques lui répond que cette déclaration aurait fait plaisir au sculpteur. A travers cette réplique, c'est un des propos majeurs du film que de rappeler que l'Art est avant tout un reflet de la vie et ne doit pas seulement être uniquement perçu à travers un mode intellectuel, mais relève avant tout du ressenti.

C'est là que réside la grande force de ce film, qui évite l'écueil du poncif intellectuel, en nous invitant à partager la vie d'une communauté réellement touchante. Comme quoi rien n'empêche de mêler arts majeurs et divertissement populaire de manière réusssie.

samedi, février 18, 2006

Ouverture

Après une première tentative de blog là , nouveau départ ici. Au menu, critiques cinéma et dvd, reflexions personnelles et états d'âme... En essayant d'être plus régulier cette fois.

lundi, janvier 02, 2006

Le Retour

Bonne année à tous.

Et pour bien démarrer l'année, rien de tel qu'une bonne nouvelle. En l'occurence, le retour de votre serviteur dans la blogosphère.

Tout d'abord, un petit résumé de ce qui m'est arrivé au cours de cette éclipse de deux mois. Premier grand bouleversement : j'ai enfin quitté McDo. Pour retourner à l'école de cinéma où j'avais fait mes études, mais cette fois-ci de l'autre côté de la barrière, puisque j'y suis maintenant assistant technique. Je m'occupe donc de la maintenance du matériel audiovisuel appartenant à l'école, de sa préparation pour les départs en tournage à sa réparation lorsque les étudiants sont un peu trop violents ou maladroits (ce qui est heureusement assez rare), ainsi que de louer le matériel supplémentaire nécessaire à certains tournages.

Autre grand bouleversement : l'arrivée d'un nouvel habitant dans l'appartement qu'Aurélia et moi occupons. Il s'agit d'un canari qui a dû s'échapper de sa cage et qu'Aurélia a trouvé au milieu de la rue, en rentrant du boulot. Ce dernier a successivement échappé au piétinement de Parisiens qui ne regardent pas où ils marchent, au démarrage d'une camionette sous laquelle il était aller chercher refuge pour échapper à la foule et surtout à l'estomac d'un commercant en textile chinois, qui après avoir fourni à Aurélia un sac pour le capturer, lui conseilla de le déguster "légèrement roti avec un peu de sel". Nous n'en avons rien fait et Piou-piou (c'est son nom) partage désormains ses journées avec nous, nous offrant un accompagnement musical original de nos CD préférés (notamment ces derniers temps, depuis que nous avons acquis le dernier album de Franz Ferdinand) entre deux dégustations de millet.

Sur ce, je vous souhaite à tous mes meilleurs voeux. A bientôt.




vendredi, novembre 11, 2005

Sur la plage abandonnée...

Ce blog est abandonné, délaissé, en friches, choisissez le terme que vous voulez. Je n'ai malheureusement plus de temps à lui consacrer en ce moment et j'en suis désolé. Il m'a redonné le goût d'écrire, m'a permis de rencontrer quelques personnes sympas (Philippe, Pauline, Momo,...) ainsi que d'autres blogs très intéressants (notamment celui de Peter Pan).
Mais, pour moi, le temps du blog est révolu (provisoirement, du moins). Ce fut vraiment un bon moment, mais là, je n'ai plus le temps de critiquer les films que je vois, ni de vous raconter ma vie. L'envie m'en reprendra peut-être plus tard. Et cela se passerra sûrement ici... Mais pour l'instant, je vous fais mes adieux.
Encore un grand merci à tous ceux qui en laissant des commentaires m'ont permis d'aller visiter leurs blogs et de partager leurs passions.


A bientôt.