mercredi, août 17, 2005

Week-end en famille

Comme annoncé, Aurélia et moi avons passé le week-end du 15 août en Lorraine, chez mes grands-parents. Quel bien fou cela fait de se retrouver à la campagne !! Pas de métros, pas de gens aggressifs à chaque coin de rue ! Ici, c'est nous qui devons paraître peu aimables, en nous baladant dans les rues du village et en hésitant à répondre aux passants que nous ne connaissons pas et qui nous gratifient d'un simple "Bonjour" désintéressé.

Nous passons la première soirée seuls avec mes grand-parents. Comme d'habitude, les repas sont beaucoup trop copieux, ma grand-mère ayant tendance à oublier que j'ai fini ma croissance et que j'ai moins d'appétit que lorsque j'étais adolescent. Mais, bon, il sera vain de résister aux fraises issues du jardin de mon grand-père au dessert.

Le lendemain matin, Aurélia et moi allons nous balader le long des champs. La marche sera ponctué des cris d'effroi d'Aurélia, à chaque fois que nous croiserons une limace (elle n'a pas l'habitude du modèle meusien, plus visqueux et marron que les limaces qu'elle connaît).

L'après-midi, nous sommes rejoints par ma mère, également en vacances chez mes grands-parents, ma tante et mon oncle. On passera une après-midi bien tranquille à discuter autour d'un café, tandis qu'un orage se met à tomber dehors. Puis, vers 18h00, ma tante et mon oncle rentrent chez eux.

Lundi matin, Aurélia et moi accompagnons ma grand-mère, qui a de plus en plus mal aux articulations, faire les courses. S'ensuivra un excellent repas, avec du lapin, des pommes de terres rôties et surtout, les excellents girolles ceuillies par mon grand-père. C'est d'ailleurs avec nostalgie que nous les dégustons, car mon grand-père n'a plus personne pour l'accompagner chercher les girolles, et il est hors de question pour ma grand-mère qu'il aille seul en forêt à son âge. C'est donc sûrement la dernière fois que nous en mangeons.

En début d'après-midi, en attendant l'arrivée de mon autre oncle et de mes deux cousines, Aurélia et moi organisons une session photo dans le jardin de mon grand-père dont voici quelques clichés :

Aurélia à la chasse aux noisettes


Aurélia d'humeur bucolique


Moi-même, d'humeur bucolique (photo extirpée par Aurélia)

L'après-midi continuera, comme la veille, autour d'un café et des desserts concoctés par ma grand-mère, notamment une excellente tarte aux mirabelles, fraîchement cueillies du jardin, (malgrè l'état de santé de plus en plus desespéré du mirabellier de mon grand-père. (cf. photo ci-dessous). Au cours de la discussion reviendra sur le tapis la question de ma situation professionelle. Mais comment convaincre mes grand-parents et mon oncle, entrés dans une société à leur majorité, voir avant, pour en ressortir à leur retraite, qu'aujourd'hui cette situation paraît impossible, à moins d'entrer dans la fonction publique. Et comment leur faire comprendre que même si c'était possible, je préfère la perspective d'une vie instable et précaire, à chercher à réaliser mes rêves dans le milieu de l'audiovisuel, à la sécurité d'un routine quotidienne dans je ne sais quelle administration. Voilà une raison de plus de tout faire pour arriver à percer cette année : rassurer ma famille sur mon avenir. Heureusement qu'une fois encore, Aurélia est là pour m'épauler.


Plus tard dans l'après-midi, c'est le moment de se dire au revoir. Ma grand-mère semble très contente de nous avoir reçu une paire de jours. Ma mère n'est pas trop triste, car elle sait que nous redescendons bientôt à Nice. Mon oncle nous ramène alors à la Gare de Metz, pour un voyage de trois heures jusqu'à la Gare de l'Est. Le week-end était excellent, mais malheureusement trop court.

samedi, août 13, 2005

Belinda, encore et toujours

Soirée à la maison avec Olivier (comme d'habitude), ... et Benjamin, Lucie et sa fille Aymèle. Ambiance étrange avec les deux amoureux qui ne sont pas encore ensemble mais presque. Lucie reste relativement silencieuse, surtout par rapport à quand on bosse ensemble à McDo où elle parle sans arrêt. C'est vrai que pour elle, ce soir, il faut gérer à la fois son rôle de mère devant sa fille, en même temps que chacun de nous la sait attirée par Benjamin, tout en venant pour la première fois chez nous. Ça nous change de nos relations au boulot, et comme elle le dit si bien, elle va avoir une autre image de moi au travail; je ne sais pas pourquoi, mais je sens que le semblant d'autorité que j'avais au restaurant va en prendre un coup. Benjamin gère formidablement la situation en initiant Aymèle, 4 ans, aux joies de la Gamecube (Donkey Konga, Mario Kart et Super Mario Sunshine en tête). La complicité qu'il a noué avec la petite en à peine quelques heures est ahurissante. Et doit profondèment rassurer Lucie...

Après leur départ, Olivier, Aurélia et moi revenons à une soirée plus classique... avec Mario Party 6. Olivier gagnera tranquillement la partie, mais surtout, pour la première fois depuis deux ans, Aurélia est littéralement écrasée, suite à deux coups très fourbes de votre serviteur, qui lui piquera son étoile et ses pièces grâce à deux cases du destin bien placés.

Après toutes ces péripéties, une bonne nuit de sommeil bien méritée qui précédera un dernier shift de boulot demain midi avant de partir voir ma famille en Lorraine le temps d'un week-end.

vendredi, août 12, 2005

"Elle a les yeux bleus, Beeeelinda, elle a le front blond, Beeeeeelinda"

Ce midi, repas avec Olivier et Benjamin, son patron, à leur boulot. Aurélia et moi mangeons chinois, Benjamin n'a pas pu s'empêcher d'aller à McDo, principalement pour être servi par l'hôtesse principale, Lucie. Elle lui fait de l'effet, Lucie !!!Tellement qu'à table, nous aurons droit à une version endiablé de Belinda de Cloclo, interprété avec une pêche étonnante par un Benji enflammé.

Deux heures plus tard, texto en provenance d'Elodie, manager à McDo : "Il faut que tu rappelles Lucie au restaurant." Quelques minutes plus tard, Aurélia et moi discutons avec elle devant le McDo du passage de Benjamin à sa caisse, du bouquet de fleurs qu'elle a reçu, qu'elle espérait qu'il provenait de Benjamin malgrè le fait que la carte qui l'accompagnait était signée Franck. On la déçoit, on lui dit qu'on est sûr que ce n'est pas de la part de Benjamin. Elle est dégoûtée de ne pas avoir répondu à son invitation à prendre un pot lors de son passage en caisse, car elle avait le manager et le superviseur sur le dos et que ça l'aurait foutu mal de draguer un client. Du coup, elle nous donne son numéro pour qu'on le file à Benjamin.

Nous quittons Lucie pour ramener à Benjamin un DVD que j'ai embarqué par erreur en quittant la boîte. En même temps, on lui donne le numéro de Miss Lucie. Quand nous le quittons, Benjamin nous dit :"Merci, les cupidons !". De rien, Monsieur, ça nous fait plaisir de jouer les entremetteurs (et puis, après David et Nadia, on pourrait songer à en faire un métier ;-) )

Une demi-heure plus tard, coup de fil de Benjamin. J'ai dû mal noter le numéro, ou il n'arrive pas à me lire (compréhensible vu mon écriture), mais ce n'est pas le bon. Je rassure le monsieur avec un plan. A 19:55, avant de pointer à McDo, j'appelle Benjamin, lui donne le numéro (je m'étais trompé d'un chiffre) et laisse le monsieur avec un je ne sais quoi d'excitation dans la voix. De mon côté, ça me met de bonne humeur pour aller bosser et c'est sur un air de Cloclo que je passe la carte dans la pointeuse : "Elle a les yeux bleus, Beeeeelinda..."

jeudi, août 11, 2005

Du 35mm, enfin... Merci, Jess !!

Lever à 8 heures (ça fait du bien de se lever tard), petit-déjeûner, puis direction chez le docteur, suite à la cytoponction de mon kyste à la glande thyroïde gauche. Auparavant, j'avais toujours eu rendez-vous chez ce docteur vers 18 heures et je ne m'étonnais pas trop qu'elle ait à chaque fois une heure de retard sur le rendez-vous. Par contre, passer à 9:50 au lieu de 9:30 quand on est le second rendez-vous de la journée, c'est déjà plus louche, mais passons. Comme me l'avait déjà dit le practicien qui avait pratiqué la ponction le 21 juin dernier, le kyste était bénin, mais il va être nécessaire de surveiller ma glande thyroïde pour vérifier que tout va bien. Donc, début septembre, début des analyses et des échographies de contrôle.

Sortie de chez le médecin à 10:20. On enchaîne avec le point d'orgue de cette journée, organisé à la dernière minute la veille : rejoindre Jess chez Panavision Alga pour assister à des essais caméra en 35mm. Pour moi (et pour toute personne qui débute dans le cinéma, je pense), approcher du 35mm, c'est un peu le graal. Quand j'arrive, Jess est bien à la bourre suite à un démarrage tardif des essais. Heureusement, Jess me fais faire la connaissance de Séb, qui était avec lui à l'Ecole Louis Lumière et qui fait un stage chez Pana. Ainsi, à chaque fois que Jess s'enferme dans la chambre noire pour charger ou décharge le magasin, j'en profite pour poser toutes les questions techniques à Séb sur le principe des essais caméra (fixité, conformité de cadre, calage) tout en l'aidant à mettre en place les différentes mires. Finalement, nous finirons bien en avance, le but étant d'apporter les essais à développer au labo avant 15h afin que Jess et le chef opérateur puisse les visionner demain. Seul regret, je n'aurai pas eu le temps d'apprendre à charger un magasin mais une prochaine fois peut-être. Pour vous donner une idée, voici donc ci-dessous une petite photo de l'Arri BL III, la caméra sur laquelle nous avons pratiqué les essais ce matin.



Une fois déposé la pellicule déposée au labo, Jess et moi sommes rentrés à la maison, où nous avons servi de cobayes aux expérimentations culinaires d'Aurélia. Ainsi, après avoir apprécié le boeuf sauce tomate accompagné de lasagnes, nous en avons déduit que si les italiens ont inventé la sauce bolognaise, c'est pour éviter de s'emmerder à découper la viande avant de la mélanger aux pâtes.

Après avoir quitté Jess, nous rejoignons Olivier à son boulot, afin de lui apporter les cassettes DV à capturer pour la réalisation de ma bande démo (sur laquelle je me demande encore s'il est bien utile que j'incorpore des bouts de mes captations de théâtre en plus du clip sur une musique d'Add (N) to X réalisé en fin d'études à l'ESEC). Concernant ce cruel dilemne, on verra bien vendredi. Une demi-heure plus tard, alors que nous quittons Olivier et son boss (qui nous aura fait faire un fort sympathique tour des lieux de sa boîte de post-production, la seule à ma connaissance où un cochon volant trône au-dessus du bureau du boss), je m'apprête à aller bosser à McDo, une fois de plus à contre-coeur.

Là-bas, la soirée est galère au possible et contraste violemment avec le reste de la journée. Sorti de quelques équipiers avec qui je m'entends vraiment bien, je me dis que je ne peux vraiment plus y travailler, non seulement à cause des conditions de travail déplorables (ruptures quotidiennes, gestion du personnel abérrante, non-reconnaissance des services rendus, incapacité à motiver les gens) mais surtout parce qu'il est vraiment temps que je passe à autre chose. Comme me l'a si bien fait remarquer Jess, je suis venu à Paris pour faire de l'audiovisuel. Si c'est pour bosser à McDo, j'aurai tout aussi bien pu rester à Nice (où en plus, la direction possédait la qualité, de plus en plus rare, de reconnaître le travail fourni à sa juste valeur et de motiver les gens en faisant tout son possible pour créer un véritable esprit d'équipe). Allez, c'est dit, cette année sera celle du changement.

samedi, août 06, 2005

Rétrospective Yasujiro Ozu

Finalement, j'arrive un peu tard pour vous parler de cette opportunité pour tous les cinéphiles parisiens: la reprise au Mk2 Beaubourg de 14 films de Yasujiro Ozu depuis mercredi 20 juillet. Si, comme moi, vous aimez le cinéma asiatique, mais n'avez pas encore eu l'occasion de voir beaucoup de chefs d'oeuvre du maître, n'hésitez pas et foncez tête baissée. Pour les autres qui ne sont pas sur Paris, je vous conseille vivement de vous jeter sur le moindre de ses films si vous y avez accés (médiathèque ou passage télévisé).



Né en 1903, décédé en 1963, le cinéaste a été découvert tardivement au niveau international. Ainsi, c'est avec la sortie française du Voyage à Tokyo en 1978 (soit plus de vingt ans après sa réalisation) que le public pourra commencer à découvrir une oeuvre exceptionnelle. Yasujiro Ozu est à ranger, aux côtés d'Akira Kurosawa et de Kenji Mizoguchi, parmi les cinéastes classiques japonais. Mais, à la différence de ces réalisateurs, qui rencontèrent le succès public aussi bien avec des films historiques que des histoires de fantômes japonais, Ozu se spécialisera dans un genre moins populaire : le shomin geki, qui offre des chroniques de la vie quotidienne du Japon contemporain.

Au cours de toute sa filmographie, Ozu va retravailler perpétuellement les mêmes thèmes. En s'intéressant à des familles en mutation liée la plupart du temps au mariage ou remariage d'un membre de la famille, le réalisateur cherche à mettre à jour les dysfonctionnements d'une société où les convenances traditionnalistes sont confrontés à l'ouverture du pays sur les modes de vie occidentaux amenés par l'occupation américaine. Ce sont donc des drames sourds où les sentiments des personnages sont confrontés à l'emprisonnement provoqué par l'usure du quotidien et les conventions sociales.

Du point de vue de la mise en scène, Ozu va tendre au fur et à mesure de sa carrière vers la mise en place d'un système minimaliste reposant sur quelques règles simples, qui deviendront immuables à partir du début des années 50 :
a) aucun mouvement de caméra n'est autorisé.
b) la caméra est placé à quelques centimètres au dessus du sol (on parle de caméra-tatami)
c) tous les changements de plans se font selon une rigueur géométrique précise, c'est à dire soit à 180°, soit à 90°.
Ainsi, si Gosses de Tokyo (1932), premier de ses films à aborder la thématique citée plus haut, laisse encore la place à quelques travellings issus de la passion d'Ozu pour le cinéma hollywoodien des années 20, les films de sa dernière période, à partir de 1949, font preuve d'un sens de l'épure typiquement japonais qui amèneront les critiques à parler de cinéma zen.

Au cours de la rétrospective, j'ai donc eu l'occasion de découvrir deux de ses films. Tout d'abord, Le Goût du Saké (1962). Un homme veuf, employé de bureau est tiraillé entre la nécessité de marier sa fille, afin que celle-ci puisse avoir une vie heureuse, et sa peur de finir ses jours seuls, après le départ de ses enfants du foyer familial. Ultime film du réalisateur, il se trouve être un de ses chefs d'oeuvre. Comme la plupart de ses derniers films, Ozu développe ici un film choral, suivant un plus grand nombre personnages que les précédents, qui lui permettront de développer une palette plus large de situations. Une fois encore, Ozu brasse les mêmes thèmes que dans toute sa filmographie, faisant du Goût du Saké une sorte de "best-of" de ses précédents films. Une partie de la critique japonaise voit dans l'oeuvre d'Ozu une forme de conservatisme et de nostalgie de la tradition. Mais derrière la tranquille sérénité de la mise en scène, on sent bien une sourde révolte face à l'écrasement de l'individu par les conventions sociales.


Face à la tonalité généralement pessimiste de la plupart de ses films, Bonjour (1959) apparaît comme l'exception. Deux enfants entament une grêve de la parole, dans le but de dénoncer l'hypocrisie des adultes et de convaincre leurs parents de leur acheter une télévision. Avec Bonjour, Ozu signe un film extrèmement léger, où l'on prend un malin plaisir à suivre le quotidien d'une petite communauté où chaque famille possède son lot d'excentricités. Toutefois, derrière un ensemble plutôt jovial, certaines répliques, comme la discussion sur la retraite, viennent faire écho à d'autres films du réalisateur plus mélancoliques. Ce qui n'empêche aucunement à Bonjour d'être le genre de film anti-dépresseur, dont le visionnage devraît être remboursé par la Sécurité sociale.

Si jamais ce petit article a réussi à vous donner envie de découvrir son oeuvre et que vous désirez en savoir plus, n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil aux liens suivants :

La page consacré à Ozu sur Cinéasie

L'excellent dossier de Arte à l'iconographie assez riche

Le site officiel (en anglais)

Un très bon dossier par le site Midnight Eye (en anglais)

La bande-annonce du film Bonjour au format Real Player

Photos tirées de Bonjour et d'autres films

Pour terminer, signalons l'existence d'un coffret DVD édité par Arte Vidéo, comprenant Gosses de Tokyo, Fleurs d'Equinoxe, Bonjour, Fin d'Automne, Dernier Caprice et le Goût du Saké.

mardi, août 02, 2005

Expédition dans le quartier chinois

Reprise du blog après quelques journées trop remplies pour pouvoir lui consacrer du temps. En effet, Julien, le cousin lyonnais d'Olivier, était de passage sur Paris de vendredi à hier soir. Aurélia et moi avons donc passé pas mal de temps avec les deux zigotos, avec en point d'orgue à ce week-end épique, l'après-midi du dimanche dans le quartier noiche (chinois pour les non-initiés). Il s'agit d'un rituel immuable: tout passage à Paris de Julien s'accompagne d'une (voire plusieurs) visite(s) au quartier chinois, avec à chaque fois, des achats de boissons et nourritures aux aspects bizarroïdes, que nous testons ensuite au cours de la soirée (enfin, surtout Olivier et Julien).

Dimanche après-midi ne dérogea pas à la règle. Après quelques déambulations dans les magasins de DVD asiatiques, où Olivier cherche en vain la bande originale de Seven Swords signée Kenji Kawaï, nous effectuons une pause boisson avant d'entamer les courses chez les Frères Tang en prévision du repas du soir. Olivier me fait goûter son excellent ice tea au lychee, tandis que de mon côté je déguste, au grand scepticisme d'Aurélia, une boisson (désolé, j'ai oublié le nom) mélangeant jus de pêche et jus d'aloe vera, avec de bons gros morceaux de pulpe d'aloe vera bien gluants à l'intérieur.

De retour chez Olivier, Julien me met la pâtée à Mario Power Tennis pendant qu'Aurélia et Olivier cuisinent la farce pour les samossas. Afin de ne pas enchaîner sur une quatrième défaite face à un "Stripe" (surnom de Julien, en référence à Gremlins) déchainé, je refuse un nouveau match. Nous nous découvrons alors des talents d'apprentis cuistots et commencons à aider Aurélia à préparer les samossa en pliant la pâte et en mettant la farce à l'intérieur. Nous sommes ensuite rejoints par Loïc et Céline. Après avoir dévoré les samossa en entrée, Olivier nous concocte de l'agneau aux oignons de printemps, qui se révélera délicieux. Même Céline, réfractaire aux plats épicés, tombe sous le charme. C'est cool d'avoir un pote expert en cuisine au wok. Ca donnerait presque envie de s'y mettre aussi.

Et puis vient le moment de quitter la soirée (et oui, on bosse le lendemain) et de dire au revoir à Julien, que l'on reverra rapidement début septembre... à son mariage. Ça fait flipper d'avoir des gens de son entourage qui commencent à se marier. Mon dieu, déjà 25 ans alors que j'ai l'impression d'en avoir 18. Who's next ? Euh, non, Aurélia, on n'est pas pressés... n'est-ce pas ?

A part ça, du point de vue cinéma au cours de ces quelques jours sans blog, j'ai eu l'occasion de profiter de la rétrospective Yasujiro Ozu avec Le Goût du Saké (très bon) et Bonjour (excellent, et étonamment léger par rapport aux autres films du réalisateur). Et j'ai eu l'occasion hier soir d'aller voir le très bon film de gangsters Layer Cake. Mais je reviendrai là dessus plus en détails dès que je trouve le temps.

vendredi, juillet 29, 2005

Shaun Of The Dead (Edgar Wright, 2004)


Sortie en Grande-Bretagne il y a plus d'un an, "la comédie romantique avec des zombies" arrive enfin sur les écrans français, précédée d'un buzz assez conséquent, relayé par Internet et les différents sites consacrés au cinéma fantastique et/ou aux DVD.

Approchant de la trentaine, Shaun (Simon Pegg) est partagé entre son meilleur ami et colocataire, Ed (Nick Frost), glandeur accro aux jeux vidéo, son boulot dans un Darty local où ses collègues le considèrent comme un loser, et Liz (Kate Ashfield), se petite amie qui apprécierait une relation plus sérieuse. Cette dernière décide de le quitter face à son incapacité à lui consacrer du temps. Décidé à mettre de l'ordre dans sa vie et à la reconquérir, Shaun est prêt à tout changer. Malheureusement, sa tâche va être légérement compliqué par les quelques milliers de morts-vivants qui ont décidé de s'attaquer à Londres aujourd'hui...

Attention, ne vous trompez pas, Shaun of the Dead n'est PAS une simple parodie des divers films de zombies. Edgar Wright et Simon Pegg, co-auteurs du film, admirent sincèrement les films de George A. Romero et décident de payer leur tribut au genre... même s'ils dérogent quelque peu à la règle en ne livrant pas un film d'horreur, mais une comédie romantique. Ainsi, tout au long du film, Shaun et les personnages ne semblent pas tant s'inquiéter de leur survie (qu'ils considèrent comme assurée par l'arrivée inéluctable des secours), que d'assurer et/ou de redéfinir leur position sociale. C'est ce qui apporte une atmosphère si spécifique à ce film de zombies vraiment pas comme les autres.

Si chez George A. Romero, la critique de la société apparaît en filigrane, ici elle est exposée de manière plus explicite, dès le générique où plusieurs personnages sont en train de pratiquer une habitude de consommation (retrait au distributeur, écoute de baladeur mp3) de manière zombiesque (je ne sais pas si le mot existe, mais on l'acceptera ici). Le film propose son lot de situations comiques imparables : le cruel dilemne dans la sélection des vyniles à lancer sur deux zombies envahissants (on notera au passage les excellents goûts de Shaun qui favorise New Order et les Stone Roses au détriment de Prince et de Sade); la scène d'infiltration au milieu de la foule de zombies, où le groupe de survivants déambule en imitant les zombies. Et bien d'autres encore...

En plus d'une réelle inventivité scénaristique, Edgar Wright applique une mise en scène efficace, voire carrément audacieuse lors de deux plan-séquences (une première version avant l'arrivée des morts-vivants, puis une autre une fois que le massacre a commencé) où Shaun sort faire ses courses et croise son voisinage, que l'on sent fortement inspiré par l'ouverture de La Soif du Mal d'Orson Welles.

Tout cela fait de Shaun of the Dead un film réellement original, réinsufflant un vrai souffle au genre. George A. Romero lui-même n'y est pas resté insensible, et a par ailleurs invité les deux responsables du film à faire de la figuration (déguisés en morts-vivants, bien entendu) sur son nouvel opus, Le Territoire des Morts (Land of the Dead), qui se veut bien évidemment plus sérieux que Shaun of The Dead et que vous pourrez apprécier en salles le 10 août. On en reparle bientôt ici.

jeudi, juillet 28, 2005

New Police Story (Benny Chan, 2004)

Bonne nouvelle. Jackie Chan n'est pas mort cinématographiquement. Après avoir, pendant une dizaine d'années, alterné films hong-kongais moins dynamiques qu'autrefois (Espion amateur, Gorgeous) et buddy-movies hollywoodiens destinés à séduire le public familial occidental (Rush Hour, Shangaï Kid), l'homme nous revient avec un nouvel opus, qui retrouve l'esprit de ses productions des années 80. Rien d'étonnant, puisque l'acteur renoue avec sa plus célèbre franchise : Police Story.

Légende vivante de la police de Hong Kong, l'inspecteur Wing (Jackie Chan) sombre dans le désespoir et l'alcool quand son équipe est entièrement décimée par le Gang des Cinq, dirigé par Joe (Daniel Wu). Un jeune officier (Nicholas Tse) parvient alors à le convaincre de réintégrer les rangs de la police et de retrouver les malfrats...

Grande nouveauté pour Jackie Chan. L'acteur souhaite se confronter à des rôles plus sombres. Ainsi, le début du film nous présente un héros alcoolique, en train de déambuler dans les rues et de vomir dans les caniveaux. Dans ses interviews, Jackie Chan décalre être fier d'avoir tourné toutes ces séquences où il vomit réellement, et qui, selon lui, renforcent la détresse du personnage. On émettra quelques doutes sur l'efficacité du procédé. Mais on se réjouira du ton adulte du début du film, et notamment de la scène où l'inspecteur Wing est mis à l'épreuve pour sauver son équipe, d'une étonnante cruauté connaissant le monsieur qui s'est toujours refusé à mettre la violence en avant.

Malheureusement, une fois le personnage de Nicholas Tse introduit, le film retombe en partie dans une comédie d'action plus classique, loin d'être déplaisante, mais contrastant énormément avec l'atmosphère installé dans les premières séquences. Et, lors de l'affrontement final entre Jackie Chan et Daniel Wu, on regrette que la tension dramatique ne soit pas plus axée sur la recherche de vengeance de l'inspecteur Wing.

Toutefois, le film reste fort agréable à suivre, d'autant plus qu'il est émaillé de deux séquences d'action efficaces et diablement bien réalisées (la poursuite dans Hong-Kong et l'affrontement final entre le duo de flics et les derniers membres du gang). Les esprits chagrins regretteront de ne pas voir plus d'action. Les autres se réjouiront de voir Jackie Chan revenir au style de films qui l'a rendu célèbre, et apprécieront largement le spectacle.

mercredi, juillet 27, 2005

Seule la Mort peut m'arrêter (Mike Hodges, 2003)

Bien que la traduction du titre soit assez accrocheuse, on lui préférera largement son titre original: I'll Sleep When I'm Dead. Le genre de titre que l'on associerait directement à un film noir des années 50. Et, effectivement, le dernier film de Mike Hodges est bien un film noir. Par contre, le lien de parenté ne s'établira non pas avec les séries B hollywoodiennes de l'époque, mais plutôt avec un autre célèbre film noir britannique : Get Carter (La Loi Du Milieu), également réalisé par Mike Hodges, en 1971.

Ainsi, en plus de l'intrigue similaire (un ancien caïd, revient à Londres, pour élucider le mystère autour de la mort de son frère), I'll Sleep When I'm Dead partage avec Get Carter son atmosphère poisseuse, sa subtile retranscription du milieu de la pègre londonienne, sa juste captation du monde prolétaire et son rythme narratif particulier (hypnotique selon certains, ennuyeux selon d'autres, votre serviteur appartenant à la première catégorie). La goût prononcé de Mike Hodges à développer certains personnages et intrigues pour mieux les abandonner ensuite décontenancera plus d'un spectateur, qui à partir du pitch de la vengeance de Will Graham (Clive Owen), s'attend sûrement à voir un film nerveux et rythmé.

Au contraire, Mike Hodges développe un film minéral, où les dialogues ont une place minimale, tandis qu'énormément de choses passent à travers les regards, les attitudes des acteurs. Clive Owen trouve à ce jour son meilleur rôle et fait preuve d'un charisme incroyable. Un film difficile, qui demande un effort de la part des spectateurs pour rentrer dedans, mais, si vous accrochez, certaines séquences risquent de vous hanter longtemps après la projection (la vision du fantôme de Davey lors de l'embarquement du ferry, le face à face final entre Cliwe Owen et Malcom McDowell).

lundi, juillet 25, 2005

Des effets dévastateurs de Harry Potter sur Aurélia

Comme le savent ceux qui nous côtoient régulièrement, Aurélia et moi sommes deux spécimens avancés d'adultes nostalgiques de leur enfance. Attention, ne confondez pas avec les fans des Gloubiboulga Nights, qui le temps d'une soirée, croient retrouver leur âge tendre en chantant à tue-tête sur les génériques de Goldorak et Capitaine Flam. Non, ce que nous avons conservé de notre enfance, ce sont notre naïveté, notre capacité à rêver et notre volonté d'essayer de faire le bien autour de nous. Pour Aurélia, cela va même jusqu'à la capacité de s'émerveiller devant des choses toutes simples, (par exemple, devant certaines fleurs dans les parcs), capacité que j'ai malheureusement perdue, et qui m'oblige à voir le monde avec une teinte légèrement moins colorée que la sienne.

Ceci était juste une petite introduction pour essayer de vous faire comprendre l'état d'esprit dans lequel nous étions hier soir. Vers 21h00, alors que je propose de regarder un DVD, Aurélia me rétorque qu'elle préfère se coucher tôt, et lire un peu Harry Potter and the half-blood Prince avant de se coucher. Le lendemain, nous devons tous les deux nous lever à 5h20 pour aller travailler; elle prévoit donc de lire jusqu'à 22h00.

Etant donné que nous en sommes au même point décisif du livre (le chapitre 26 intitulé The Cave, à seulement 80 pages de la fin), et que nous arrivons apparement dans des moments cruciaux, nous décidons de lire côte à côte, en même temps. Mais, rapidement, se pose pour moi un problème du fait que je lis plus rapidement que ma dulcinée, ce qui m'oblige à l'attendre à chaque fois une minute, avant de pouvoir tourner la page. Et si cette situation était supportable durant les premiers chapitres, il en est autrement lorsque le suspens devient plus intense, au fur et à mesure que la situation devient plus dramatique. Vous noterez, s'il vous plaît, l'effort de ma part, pour ne pas spoiler (= faire de révélations sur) l'histoire à ceux qui ne l'ont pas encore lu.

Finalement, Aurélia et moi, absorbés par le livre, faisons fi de l'heure et de la bonne résolution de se coucher tôt. Nous terminons le livre à 0h00 (quand je vous dis qu'Aurélia ne lit pas vite). Sans en dévoiler plus, sachez que le dénouement de ce sixième tome est le plus sombre de la série. C'est donc une Aurélia toute chamboulée et en larmes que je me vois obligé de réconforter à la fin de notre lecture. Moi même, je dois avouer que je suis touché et n'ai pu m'empêcher de verser quelques larmes au détour du chapitre 27. Heureusement que j'ai pu profiter des temps morts entre chaque page pour encaisser les différents chocs.

Je suis toujours étonné de voir à quel point je peux m'attacher à des êtres de fiction. Et ce soir là, je me dis qu'un observateur extérieur, qui verrait Aurélia en larmes et moi en train de la serrer dans mes bras pour la réconforter, juste à cause de la lecture de ces derniers chapitres, devrait nous trouver bien immatures. Et pourtant, ce soir, je n'ai pas du tout honte de ce que nous ressentons, et au contraire, je me dis qu'il est important que l'on puisse s'attacher à ce point à des êtres d'encre et de papier.

vendredi, juillet 22, 2005

De l'influence de Spider-Man sur mon (in)action citoyenne

Ce matin, je bouquine les Amazing Spider-Man de J.M. Straczynski, que m'a prêté Vijay. Au détour du numéro 497, Spider-Man rentre en discussion avec un personnage Ezechiel, sur ce qui arrive aux petits cambrioleurs arrêtés par le super-héros, une fois qu'ils sont en prison.

Ezechiel - "There are a few people who start to read books by J. Krishnamurti, Benedict de Spinoza, Aristotle, Plato, Marcus Aurelius. Why ? They find these books because they are looking for something... they are looking for pieces of authority... pieces they have failed to find in the authority of the world today."
Spider-Man - "Yeah well, we all do that. And most of us don't mug, rob or perform grand-theft auto."
Ezechiel - "No, we don't ask questions. We do not think critically as a society. We are told not to think by TV, radio, pre-packaged processed foods, drive-throughs, aerobics classes, late night infomercials, or the news. We are entertained, yes, but we are not taught to ask the right questions. There are only a few books open to a few minds in this country. Even less in this world."

Et voilà, comment un simple dialogue de comics me bouleverse, m'amène à me remettre en question sur ma capacité à analyser le monde dans lequel je vis. Car, sans me considérer totalement abruti par la télévision ou les médias, je dois reconnaître que mes centres d'intérêt sont avant tout des loisirs (cinéma, musique, jeux vidéo...).

Concernant la politique, je la suis de loin et me contente de déplorer l'incapacité des politiciens actuels à donner une réelle impulsion à l'intérêt de ma génération pour celle-ci. En effet, tout le monde voit les problèmes actuels de la société, mais dès que j'en discute avec quelqu'un, nous partons immédiatement dans des débats basés pour l'un comme pour l'autre sur des avis émis rapidement à travers les médias. A ma connaissance, aucune personne de mon entourage ne prend le temps de lire des livres de sociologie. J'ai le sentiment que nous batissons nos opinions sur nos idéaux généraux, en tentant d'y amalgamer les éléments colportés par les médias. Et, pendant quelques secondes, je me dis qu'il faut que je me prenne en main. Que j'aille chercher l'information moi-même, que je confronte beaucoup plus d'opinions que ce que je fais actuellement, que je provoque des dialogues. Je me dis que si chacun agit ainsi, un vrai mouvement social aboutira à une vraie réflexion et que nous arriverons enfin à bouger les choses.

Et puis je redescends de mon utopie. Humainement, la plupart des gens (et moi le premier) cherche avant tout à satisfaire ses intérêts personnels. Je me dis que la devise "panem et circenses" (du pain et des jeux) de Juvénal est plus que jamais d'actualité pour notre société.

Mais ce n'est pas grave. Dorénavant, je me jure de m'intéresser plus au monde dans lequel je vis. De me donner les moyens de mieux l'analyser afin, peut-être, de trouver le moyen d'agir pour faire bouger les choses.

jeudi, juillet 21, 2005

Back from the Dead

Pas vraiment de retour d'entre les morts, mais du tournage de Vijay, starring Murray (prononcez à l'anglaise). Pour ceux qui n'ont pas l'honneur de connaître Murray, voici une petite photo de lui:

i will kill you all.jpg

Par respect envers le travail de Vijay (et surtout pour qu'il continue à me prêter des comics), je ne peux malheureusement pas vous révéler les tenants et aboutissants du scénario. Toujours est-il que son court-métrage mélangera des prises de vue réelles de Murray (qui incarne la Mort) tournées hier sur fond vert, qui seront ensuite incrustés dans des décors réalisés par Vijay à l'aide d'un logiciel de modélisation 3D.

Hier, Aurélia et moi avons donc passé la journée chez Jean-Claude, en compagnie de Vijay. C'était un excellent tournage, où je me suis occupé de régler la lumière et d'animer Murray, tandis qu'Aurélia m'aidait en déplacant la faux et s'occupait d'arranger son costume. Nous avons eu de nombreux fous rires, grâce à un Murray très farceur, qui ne pouvait s'empêcher d'harceler sexuellement Aurélia, entre deux interprétations de YMCA. Ambiance très détendue et assez délire, pour un tournage placé sous le signe de la bonne humeur. Cela ne nous a pas empêché d'obtenir un résultat franchement satisfaisant, comme l'a montré le visionnage des rushs cet après-midi.

Maintenant, il ne reste plus qu'à Vijay à achever tous les effets spéciaux, avant de reprendre le tournage dans les semaines à venir, pour les plans que nous n'avons pas pu tourner hier. Vivement qu'on voit le résultat final.

mercredi, juillet 20, 2005

Lettre ouverte à David à propos d'Arkham Horrors

Tout d'abord, je m'excuse auprès de Nadia pour ce billet, qu'elle m'avait expréssement demandé de ne pas écrire, de crainte que je ne blesse David.

Cet après-midi, rendez-vous nous était donné à 15h00 chez David pour une après-midi jeu de société. Comme à notre habitude, nous sommes arrivés avec une heure de retard (pour notre défense, j'ai travaillé tard hier soir et il était difficile de lâcher Harry Potter and the half-blood Prince en plein milieu du chapitre 22). Nous sommes donc arrivés quasiment en même temps que Vincent et Michelle, les deux autres "guest players".

Pour David, c'est l'occasion d'étrenner son nouveau jeu de plateau, Arkham Horrors, qui se situe dans l'univers de L'appel de Cthulu (si vous ne connaissez pas, cherchez H.P. Lovecraft sur google). David nous annonce qu'une partie dure environ deux heures, ce qui est idéal pour Michelle qui a un train à prendre à 19h00 à la Gare du Nord.

David entame alors des explications laborieuses (du moins, plus qu'à l'acoutumée, quand il nous présente un nouveau jeu) et au bout de deux heures, nous avons fait seulement trois tours de plateau. Le relatif enthousiasme de début de partie pour ce nouveau jeu est totalement estompé. Mais, bien qu'Aurélia lance des perches magistrales au groupe pour que nous arrêtions la partie, nous continuons, tout en sachant que nous n'en verrons pas le bout. Personnellement, ce qui me pousse à continuer, c'est effectivement la peur de blesser David en lui disant que je n'aime pas son jeu. Mais, a posteriori, je crois que ce serait l'insulter de le croire aveugle. Vu le mal de crâne général à la fin de la partie, je sais pertinemment qu'il sait ce que nous avons pensé de cette partie.

Mon but, David, avec ce billet est donc de te dire directement les choses suivantes. Effectivement, Aurélia et moi avons légèrement regretté de ne pas avoir joué à un autre jeu, plus fun. Mais, je comprends parfaitement, que tu avais envie de tester Arkham Horrors. Et d'ailleurs, si le début de partie fut laborieux, il faut reconnaître que la fin de partie était déjà plus dynamique, une fois que chacun avait plus ou moins saisi les mécanismes du jeu. Alors, ne t'en fais pas, nous rejouerons à Arkham Horror. Et je suis sûr que ce sera plus sympa la prochaine fois (surtout si on invite également le maître de la fourberie, j'ai nommé PaZu).

Et le plus important, c'est que nous avons tout de même passé un bon après-midi, puisque c'était avec des amis. Encore merci à Nadia et toi de nous avoir invité pour partager votre journée avec nous. Et excuse nous de ne pas avoir su partager ton enthousiasme pour Arkham Horrors.

lundi, juillet 18, 2005

Charlie et la chocolaterie (Tim Burton, 2005)

Samedi après-midi, j'ai donc vu Charlie et la Chocolaterie, le nouveau Tim Burton, qui il n'y pas encore si longtemps faisait partie de ces rares réalisateurs (parmi lesquels David Lynch, Tsui Hark, John Woo, Quentin Tarantino, ...), dont le moindre projet créait chez moi l'envie et l'impatience. Depuis La Planète des Singes, mon engouement s'est amoindri, et autant auparavant j'étais sûr à chaque fois d'en sortir émerveillé, autant hier j'ai appréhendé Big Fish et aujourd'hui l'adaptation du livre de Roald Dahl. En rentrant dans la salle, je suis tiraillé entre un a-priori négatif(suite à l'avis d'Olivier qui y voit le pire film de Burton) et l'espoir de retrouver un peu de la magie d'autrefois (l'enthousiasme par blog interposé de Mademoiselle Clara). En sortant de la salle, mes sentiments sont mitigés, d'où la prise de temps de deux jours pour digérer le film et me forger un avis.

Toute la première partie, avec la chasse au ticket est extrèmement bien traitée. On retrouve un Burton en grande forme et pendant un moment, j'ose espérer voir le film du renouveau. Le personnage de Charlie et de sa famille, de par leur pauvreté et leur bonté, possèdent la marginalité par rapport à la société qui faisait le charme du héros burtonien (de Batman à La Planète des Singes). A l'opposé, les autres gagnants du jeu de Willy Wonka, possèdant des traits de caractère insupportables, laissent espérer une fustigation de leurs défauts des plus inventives. De plus, la présence de la neige et de leur maison tordue, qu'on croirait tout droit sortie du Cabinet du Docteur Caligari (dont il était question d'un remake par Tim Burton il y a une paire d'années), renvoie à l'imagerie générale de ses plus beaux chefs-d'oeuvre (Edward aux Mains d'Argent, Batman Le Défi et l'Etrange Noël de Monsieur Jack).

Puis, arrive le moment de la visite de la chocolaterie. À partir de là, le film rentre dans une esthétique plus kitsch et coloré, mais qui s'intègre plutôt bien à l'univers de Burton. Johnny Depp incarne de manière convaincante un Willy Wonka excentrique. L'acteur prétend s'être en partie inspiré de Marilyn Manson, mais c'est malheureusement l'image du "King of the Pop"qui nous vient à l'esprit. Peut-être est-ce lié à la récente actualité, mais le visage blanchi, la "naïveté" enfantine et le misanthropisme du personnage évoquent irrésistiblement Michael Jackson. Au niveau bande originale, Danny Elfman livre une partition assez réussie, émaillé de plusieurs chansons (sur des paroles de Roald Dahl) qui ne sont pas sans rappeller par les instruments utilisés dans sa période "Oingo Boingo".

Malheureusement, c'est également à partir de la chocolaterie, qu'apparaissent tous les défauts du film. Mon premier regret concerne tous les numéros musicaux, où un des enfants se fait éliminer de la course au prix. Si les musiques d'Elfman sont réussies, on peut pas en dire de même de la représentation visuelle des scènes avec les Oompa-loompa , qui manquent quelque peu d'inventivité, en plus de faire preuve d'un sadisme un petit peu trop prononcé. Surtout que les défauts des enfants ont été suffisament mis en avant dans la première partie, et que ces scènes auraient donc gagné à être enrichies en faisant déborder de folie les Oompa-loompa.

Une autre séquence qui m'a dérangée est celle de la salle où Mike Teevea se fait éliminer. Si la scène est plutôt réussie, je ne comprends absolument pas l'intérêt de faire référence à 2001, l'Odyssée de l'Espace en en collant des images à tire-larigot. Si quelqu'un a une explication à proposer, je suis preneur.

Mais, surtout, ce qui pour moi en fait un film décevant, au même titre que Big Fish, c'est qu'une fois de plus, Tim Burton s'éloigne de la thématique qui lui était chère dans ses oeuvres antérieures. En effet, jusqu'à La Planète des Singes inclus, tous ses films pouvait se ramener au schéma suivant : un personnage marginal commence à s'ouvrir au monde et à chercher à faire exister ses rêves, mais incompris, il retourne finalement dans son cocon initial, tout en ayant conservé des liens forts avec les gens rencontrés dans son aventure. À travers ces lignes, on peut lire en filigrane l'histoire du réalisateur, enfant solitaire de Burbank, ayant du mal à s'intégrer, et qui finalement y parviendra à l'aide de ses films. A la différence que Tim Burton ne s'est pas "heurté" au monde, mais au contraire est devenu un réalisateur unaniment reconnu, enchaînant les succés critiques et publiques.

Aujourd'hui, on serait presque tenté de dire que le personnage de Willy Wonka est un reflet du Tim Burton actuel. Génie touche-à-tout, dont le style a d'ailleurs été pas mal recopié, Tim Burton est confronté aujourd'hui à une crise personnelle. Et à travers la séance de psychanalyse de Willy Wonka par un Oompa-loompa, on serait presque tenté d'entendre non pas "mes confiseries sont nulles" mais "mes films sont nuls parce que je me sens nul".

A posteriori, cela nous amène à distinguer trois époques dans la filmographie de Burton, liées à chaque fois à sa situation personnelle. Tout d'abord, de Pee Wee's Big Adventure à Ed Wood, Burton s'identifie à ses héros marginaux et livre tous ses chefs d'oeuvre. Puis, suite à sa rencontre avec Lisa Marie, ses films (de Mars Attacks! à La Planète des Singes) deviennent moins mélancoliques, mais encore réussis. Enfin, après sa rupture avec Lisa Marie, Tim Burton rencontre Helena Bonham Carter et commence à fonder une famille. Sur le point de devenir père, et ayant perdu le sien récemment, Tim Burton travaille le thême de la paternité dans Big Fish. A travers ce film, Burton commence à inverser la tendance par rapport à ses précédents films, puisqu'à travers les enquêtes du fils, c'est la marginalité du père qui est finalement absorbé dans la réalité quotidienne. Ce que l'on retrouve également dans la relation entre Willy Wonka et son père, puisque c'est avant toute chose l'acceptation paternelle de sa marginalité (et donc la perte de celle-ci) que cherche à obtenir le chocolatier.

Finalement, à travers les diverses sentences de Willy Wonka sur l'utilité de la famille, on est tenté de penser que Burton, devenu chef de famille, semble regretter l'époque où il se considérait comme un "freak" incompris et que chaque film est maintenant pour lui l'occasion d'essayer de mêler ses nouvelles considérations familiales avec ses anciennes obsessions. Ce mariage difficile à réaliser trouvera-t'il une heureuse conclusion dans les futures Noces Funèbres ?

samedi, juillet 16, 2005

Voici venu le temps (Alain Guiraudie, 2005)

Voici venu le temps qu'Alain Guiraudie soit connu du grand public. Voici venu le temps de profiter de la sortie de son dernier film pour parler de ce cinéaste singulier, dont les films sont malheureusement peu accessibles et ont donc du mal à trouver leur public.

Personnellement, j'ai découvert son cinéma en 2002 par hasard, en me rendant à une séance du matin au Mk2 Beaubourg. J'avais déjà vu tous les autres films qui passaient ce jour là, et j'ai donc pris un billet pour Du Soleil pour les Gueux (2000). Dans ce film, une jeune fille de Montpellier prénommée Nathalie Sanchez, part à pied à travers la campagne et les hauts plateaux, en quête d'un berger d'ounayes, des mammifères mythiques, qui pour subsister ont besoin de sang humain. Afin d'assurer la survie de leur bétail, les bergers sont donc obligés de donner de leur sang au péril de leur vie.Elle rencontre ainsi Djema Gaouda Lon, qui a égaré son troupeau, et se met avec lui à sa recherche. En sillonnant ainsi le Grand Causse, ils discutent ensemble de leurs modes de vie, du travail et de l'esclavage. Au cours de leur recherche, ils croiseront successivement et à plusieurs reprises deux personnages : Carol Izba, bandit local recherché partagé entre sa volonté de fuir à Montpellier et son incapacité à quitter son pays natal; etPool Oxanoxas Daï, guerrier de poursuite engagé par Chaouch Malines pour ramener le fugitif.

Filmé intégralement en espace naturel, au milieu de prairies et de hauts plateaux du Sud-Ouest de la France, le film jongle habilement entre d'une part, une mythologie inventée totalement à la force de la parole et d'un vocabulaire tout droit sorti d'un jeu de rôle (les ounayes restent invisibles et leur représentation propre à l'imaginaire de chaque spectateur); et d'autre part, un réalisme social faisant écho à notre réalité (les discussions sur le mode de vie des bergers d'ounayes). Ce parti-pris permet à Alain Guiraudie de livrer un film poétique et divertissant, en prise avec son époque.

Après ce film, Alain Guiraudie enchaîne avec Ce Vieux Rêve qui Bouge (2001) (moyen métrage, où lors de la fermeture d'une usine, un jeune technicien venu démonter une machine se retrouve attiré par un des vieux ouvriers), puis Pas de Repos pour les Braves (2003) qui permet au réalisateur de réaliser encore plus la fusion de ses amours pour les univers imaginaires, les revendications sociales et la représentation des relations homosexuelles.

Ce mercredi 13 Juillet, je me suis donc rué au Mk2 Bastille pour voir Voici venu le Temps. Avec ce nouvel opus, Alain Guiraudie renoue avec l'univers dans lequel se situait Du Soleil pour les Gueux. Mais, cette fois ci, en suivant les péripéties du guerrier de recherche Fogo Lompla, le réalisateur livre un film toujours aussi passionnant, mais nettement plus riche, que ce soit au niveau des thématiques abordés ou de la foule de personnages rencontrés, que les précédents.

Alors, si jamais vous avez la chance d'être près d'un cinéma diffusant une des 16 copies disponibles, n'hésitez pas et allez voir ce film hors-normes, qui est certainement LA meilleure chose qui soit arrivé au cinéma héxagonal depuis un moment. J'entends par là, un regard nouveau, en phase avec son époque, à la fois intelligent et ludique.

Et s'il vous plaît, messieurs les éditeurs, que quelqu'un se décide enfin à sortir les anciennes oeuvres d'Alain Guiraudie en DVD; à l'exception de Pas de Repos pour les Braves déjà disponible dans les bacs... au rayon gay (bravo, c'est sûrement en le catalogant seulement ainsi que l'on va élargir son public).

vendredi, juillet 15, 2005

Randonnée dans la forêt de Rambouillet

Hier, jeudi 14 Juillet. Comme d'habitude, la fête nationale bat son plein. Les gens vont pouvoir profiter de leur jour fêrié, voire partir en week-en prolongé pour certains. Moi, je ne me sens pas concerné, ce soir, je vais bosser cinq heures à McDo (payé double heureusement). Mais il ne sera pas dit que je n'aurai pas profité de ma journée avant d'aller sentir la frite.

Depuis un petit moment, Aurélia et moi éprouvons le besoin de nous ressourcer dans la nature. La veille, à minuit, la décision était prise et nous appelions Loïc (qui, nous nous en doutions, était en train de jouer à World Of Warcraft) pour lui proposer une balade en forêt. Ainsi, pendant que les militaires défilent sur les Champs-Elysées, Aurélia et moi préparons le pique-nique, consultons Internet pour trouver une balade sympa, puis empruntons le métro et le RER, direction Gentilly, pour rejoindre Loïc.

A partir de là, tous les trois dans la Clio, et direction Maincourt-sur-Yvette. Mappy prévoit 3/4 d'heure de route. C'est sans compter sur les bouchons sur l'A13 : on dit merci les RTT et les départs pour la Normandie. Résultat, on met vingt minutes pour faire 7 kilomètres. Heureusement, une fois arrivé sur l'A12, fini les bouchons et nous pouvons foncer vers notre objectif. Seul imprévu notable : arrivé à un rond-point, des mecs de la sécurité routière (du moins c'est ce qu'on croît à la vue de leurs manteaux fluos) nous demandent de nous arrêter sur le côté. Nous nous attendons à une campagne de sensibilisation sur les dangers de l'alcool au volant. Erreur, bienvenue dans la quatrième dimension :

"Bonjour, je vous serre la main. Il serre la main à chacun d'entre nous. Mon père m'a toujours dit que la communication passait mieux après une bonne poignée de mains" Vu notre silence interloqué, le jeune homme doit rapidement remettre en question mentalement les enseignements paternels. Mais cela ne le gêne pas, et il enchaîne aussi sec. "Voilà, avec mes collègues,on travaille pour l'opération." Il voit que chacun de nous le prend pour un extra-terrestre. "Comment ça ? Vous n'êtes pas au courant ? Vous êtes sérieux ? Vous n'êtes pas au courant ?" Je crois que c'est clair, non. "Je vous explique. Pendant quinze jours, Skyrock organise l'opération bonbons pour payer des vacances aux jeunes des banlieues, pour éviter qu'il s'ennuie et fasse des bêtises,... comme aller fumer des cigarettes" T'as pas de bol, mon gars, nous, on écoute plutôt Ouï FM. "C'est pour ça qu'on vous propose d'acheter des barres de nougat, sachant que l'intégralité des sommes récoltées financera des vacances aux jeunes défavorisés." Ça part peut-être d'une bonne intention, mais déjà aucun de nous trois n'est vraiment adepte du nougat, et en plus quand on crêve de chaud dans la voiture, c'est vraiment la dernière chose qu'on a envie d'acheter. Loïc prend la parole et poliment, bien qu'un peu gêné, lui répond que, non, nous ne sommes pas intéressés. Finalement, nous repartons, tous un peu étonnés. Je me dis que si ce genre d'opération se banalise, d'ici quelques années, on finira par retrouver des mecs en manteaux fluos écrasés par des automobilistes peu désireux de se faire solliciter.

13h00 : Arrivée sur le parking du sentier découverte de Maincourt sur Yvette. Nous nous enfoncons dans la forêt. Rapidement, nous redécouvrons le charme de la nature. Plus de bruit de circulation, plus d'air pollué. Seulement un ciel bleu limpide à travers le feuillage des chênes, le sentiment de se purifier le corps rien qu'en respirant et au loin, le chant des oiseaux et le bruit d'un cours d'eau. Cela faisait deux ans que je n'étais pas venu en forêt et je réalise seulement à quel point cela m'avait manqué.

Au bout d'une demi-heure de marche, nous arrivons près d'un ancien lavoir (photos disponibles dès que Loïc me les enverra) près duquel nous nous arrêtons et décidons de pique-niquer. Au menu : taboulé, tomates cerises, oeufs durs pain aux céréales et Monster Munch (pas très équilibré, me direz-vous). Pendant que nous mangeons, un groupe d'enfants provenant d'un centre aéré arrive depuis la direction opposée et fait également une halte au lavoir pour manger.

De notre côté, nous repartons. Personnellement, j'ai le ventre un peu trop lourd, suite à une consommation abusive de taboulé. Au cours de notre marche, nous croisons une zone rocheuse, légèrement au dessus du sentier, que nous nous faisons un plaisir de traverser (l'instinct des anciens hommes des cavernes ?).

Une heure plus tard, arrivés à l'extrémité du sentier, nous hésitons entre rebrousser chemin sur nos pas ou essayer de continuer par un sentier qui semble s'éloigner à l'est, mais qui pourrait peut-être récupérer un autre sentier plus au nord aboutissant à notre point de départ. Nous choisissons finalement la deuxième option, sachant que ce sera quitte ou double, si jamais nous ne trouvons pas le sentier espéré. Finalement, après un quart d'heure de marche, notamment à travers un chemin peu pratiqué et bordé de ronces, nous trouvons le sentier prévu et rejoignons le lavoir. Loïc et Aurélia font une pause trempette de pieds, tandis que je fais mon paparazzi et prend plusieurs photos de l'endroit.

Nous repartons et décidons de passer par la partie supérieure du sentier découverte pour rejoindre la Clio. A partir de là, nous traversons une ancienne carrière de grès (qui fut exploitée depuis le XIIIème siècle jusqu'en 1954) pour finalement redescendre vers un parking... qui n'est pas celui où nous avions laissé la voiture. Il est 16h10 et je commence à stresser un peu, sachant que je dois être au boulot à 18h00. Finalement, nous n'avons qu'à suivre la route pendant cinq minutes avant de retrouver notre parking.

Ensuite, retour sur Paris et arrivée à l'appartement à 17h30. Tous les trois, nous prenons une glace bien méritée. Puis, je pars travailler. Pendant ce temps là, Aurélia et Loïc jouent au Seigneur des Anneaux - Le Retour du Roi, avant de sortir assister au concert sur la parvis de la Mairie du XIème arrondissement, où un groupe assure des reprises de standard, tout en changeant de déguisement entre chaque morceau. Je les rejoins vers 0h20, après le boulot, pour assister au dernier morceau, avant de rentrer se coucher. Aurélia me dit que j'ai loupé un bon moment. Mais on ne fait pas toujours ce qu'on veut, et de toute façon, la randonnée m'a comblé pour la journée.

mercredi, juillet 13, 2005

Teaser : Ice Age 2 - The Meltdown (Chris Wedge)

Contrairement à une bonne partie de mon entourage, je n'avais pas été un grand fan de L'Âge de Glace (Chris Wedge), que je trouvais trop ciblé pour le jeune public. Par contre, j'en avais adoré l'ouverture avec Scrat, l'écureuil de l'ère glaciaire, qui avait d'ailleurs servi de teaser plus d'un an avant la sortie du film, renouant avec l'esprit des meilleurs cartoons des Looney Tunes et qui m'avait laissé plié de rire sur mon fauteuil.

C'est pourquoi je suis heureux de vous inviter à venir voir le tout nouveau tout beau teaser de la suite de l'Âge de Glace, mettant en vedette Scrat dans de nouvelles aventures.

Cliquez pour voir le teaser qui met de bonne humeur.

Depuis hier, le trailer du prochain film de Tsui Hark est disponible. Cliquez sur l'image suivante pour y accéder :


Après un Black Mask II: City Of Masks de sinistre mémoire (on n'était pas loin d'X-Or ou de Bioman), Tsui Hark risque de revenir au top de sa forme et de signer son meilleur film depuis The Blade, en délaissant temporairement les effets spéciaux numériques à tout-va (Legend of Zu) pour revenir à des séquences d'action cablées, digne des films de sa période faste du début des années 90.

Si le trailer proposé ici semble manquer un peu de pêche, du fait d'un montage classique, les images sont magnifiques et laissent augurer du meilleur. A vérifier le 30 Novembre 2005 dans tous les bonnes salles de France et de Navarre, AVANT d'aller voir Harry Potter et la Coupe de Feu qui sort le même jour.

mardi, juillet 12, 2005

Millions (Danny Boyle, 2005)

Aurélia et moi venons de rentrer du Gaumont Opéra Premier. Nous sommes allés voir Millions, le nouveau Danny Boyle. A quelques semaines du passage à l'Euro, deux gamins trouvent un sac rempli de livres sterling près d'une voie ferrée. Alors qu'ils se disputent pour savoir comment l'utiliser (l'aîné veut investir dans l'immobilier, le benjamin, bon chrétien, veut aider les pauvres), le voleur qui a jeté le sac par dessus le train cherche à récupérer son bien.

Cinéaste prometteur à ses débuts, Danny Boyle déçoit avec ce projet pas vraiment folichon et à la morale franchement craignos. Toutefois, le film constitue un divertissement correct, et par moment, on retrouve la patte du réalisateur de Trainspotting.

Cette séance cinéma aura surtout été l'occasion de renouer le contact avec Sébastien et Jean-Christophe, que j'avais perdu de vue ces derniers temps. Mais les choses vont être amenés à changer, puisque nous allons travailler tous les trois sur le prochain court métrage de J-C.

Là, tout de suite, au moment où j'écris ces lignes, je profite des derniers heures avant d'aller bosser à McDo. L'appartement est calme. La radio, réglée sur TSF, passe une version inconnue de Sway (immortalisée par Dean Martin). Aurélia, sortie de la douche, entre dans le salon et se met à danser. Elle met quelques secondes à voir que je la regarde. Un petit moment magique.

Bonne fin de journée à ceux qui liront ce post.

La moustache (Emmanuel Carrère, 2005)

Hier soir, suite à un coup de fil de Sébastien, direction le Mk2 Bibliothèque pour aller voir La Moustache. L'histoire d'un homme qui se rase... la moustache, sauf que personne de son entourage ne le remarque et affirme qu'il n'a jamais eu de moustache. Est-ce un coup monté ? ou bascule-t'il dans la folie ?

Raconté comme ça, le synopsis a l'air assez foireux. Et pourtant, très rapidement le film devient passionnant. De plus, cela faisait longtemps que je n'avais pas vu de films avec Vincent Lindon, et ici, il trouve un rôle mémorable.

Parti pris du réalisateur, nous ne voyons et entendons uniquement que ce qui est vu et entendu par le héros. Très rapidement, on se demande quels sont les éléments réels et ceux crées par son esprit... à moins que ce ne soit sa femme qui soit folle. Au bout d'une demie-heure, nous savons que la seule chose qui permettrait de démêler le vrai du faux serait l'intrusion d'un nouveau point de vue. Celui-ci n'arrivera jamais, et à la fin du film, personne n'a de certitude sur ce qui s'est produit réellement. Chacun est libre d'y livrer sa propre interprétation. Ou comme le héros d'accepter une situation irréelle mais préférable à l'angoisse du questionnement.

Le film est dérangeant, car il nous met face à la véritable folie, quand tout l'univers familier perd sa cohérence, que les éléments qui le composent deviennent contradictoires et que l'on ne peut plus faire confiance ni à sa propre perception, ni à sa mémoire. Un film troublant, et donc à voir.

P.S. : Vu sur Allociné juste après la rédaction de ce billet :

Mis à part un voyage japonais beaucoup trop long, Carrère, aidé par l'interprétation douce et subtile de Vincent Lindon, réussit son pari.

Eric Libiot, l'Express

Sauf que le personnage ne se rend pas au Japon mais à Hong-Kong (et c'est même écrit en gros dans l'aéroport quand il choisit sa destination). On a dormi pendant le film, Monsieur Libiot ?

lundi, juillet 11, 2005

Un dimanche au Bois de Vincennes

Eh oui, chers fans de ce blog (comment ça, y'en a pas ?). Ca y est, je suis de retour. Suite à pas mal d'activités ces derniers jours, je n'ai rien posté. Et puis, même là, ça va être un post assez rapide, juste pour résumer le contenu de ces derniers jours.

Mercredi 6 juillet : Vu La Guerre des Mondes. Excellent blockbuster. Le principe de rester du point de vue de la famille de Tom Cruise crée un terrible effet d'immersion, rendant les scènes de destruction massive réellement impressionantes (puisque vécues au niveau d'un être humain, qui cherche à survivre au milieu d'une foule dont il n'a que faire). Le film est assez pessimiste, mais réaliste sur la nature humaine et la lacheté qui réside en chacun de nous.

Jeudi 7 Juillet : Aurélia et moi sommes partis à Castorama acheter un meuble pour ranger les CD. Erreur tactique monumentale. Vu l'affluence de gens au dépôt, on se dit qu'on reviendra acheter le meuble en question quand les soldes seront terminées.

Vendredi 8 Juillet : Nous apprenons avec 24 heures de retard que des attentats ont eu lieu à Londres. Nous suspectons Bertrand Delanoë, dégoûté de la victoire anglaise pour l'attribution des Jeux Olympiques, de les avoir organisés.
Le soir, nous regardons Les 8 Diagrammes de Wu-Lang (Liu Chia-Liang, 1983). Plus je découvre les films de la Shaw Brothers, plus je les aime. Les chorégraphies de combat sont géniales, Gordon Liu a une présence incroyable. Et dire que je n'avais jamais entendu parler de tout ce pan de cinéma que représente la Shaw Brothers avant les premières rééditions Celestial Pictures en 2002...

Samedi 9 Juillet : Nous allons voir Il Était un Père (Yasojiro Ozu, 1942). Un très beau film, à la mise en scène épurée, mais terriblement efficace (notamment la séquence de la pêche). Toutefois, je ne peux pas trop juger ce qu'il vaut par rapport à ses autres films, puisque le seul autre que j'ai vu est le Voyage à Tokyo (1953). Aurélia, quant à elle, affirme avoir beaucoup aimé ce qu'elle a vu, soit les dix premières minutes, avant de piquer un roupillon plus que mérité après sa tournée exténuante de factrice.
Par contre, je suis toujours écoeuré quand je vois des films dans de si pitoyables conditions : une copie plus que rayée, une piste son au souffle désagréable. Cela fait mal au coeur de se dire que de tels chefs-d'oeuvre ont été si mal conservés. Et cela fait encore plus mal au coeur de se dire que le film n'est pas près d'être restauré, faute de potentiel commercial, tandis que les affiches pour la ressortie de Cendrillon en version restaurée fleurissent de partout.

Dimanche 10 Juillet : Notre jour de congé commun. Après un tour au marché de la Bastille, dont nous avons ramené de très bons melons, direction le Bois de Vincennes. Une balade dans la verdure, près du Lac Daumesnil, puis le long d'un petit cours d'eau qui rejoint le lac de Gravelle, nous fait le plus grand bien. De plus en plus, la tentation de fuir de Paris pour retourner vivre dans un milieu moins urbain grandit.

mercredi, juillet 06, 2005

Figurant sur un téléfilm chinois

Suite à un texto de Jean-Christophe reçu la veille, je décidé hier d'aller tenir compagnie à Seb le fennec et à Loïse pour faire de la figuration sur un téléfilm chinois. Le rendez-vous est donné dans le jardin des Tuileries à 9h30. J'arrive légèrement en retard, mais cela n'a pas grande importance puisque je me retrouve à poireauter avec les quelques autres figurants, assis à une table.

Pendant ce temps, on observe le comédien principal, habillé en serveur, en train de transporter un grand sac marron rempli de baguettes de pain. Ça me fait sourire de voir toute l'équipe s'agiter dans une langue que je ne comprends pas. Puis voir les deux acteurs se chamailler pour porter les baguettes de pain me ramène à l'esprit l'humour bien typique du cinéma chinois. Bizarrement, ça me donne envie de remater quelques Tsui Hark (notamment Le Festin Chinois). Je demande à Valérie (responsable des figurants), de quoi parle le scénario. Elle me montre alors son exemplaire, quasi entièrement en mandarin et me dit qu'elle n'en sait rien... d'autant plus que depuis trois jours de tournage, le personnage principal change de métier à chaque fois (mécanicien, puis compositeur, puis serveur aujourd'hui...). Peut-être s'agit-il de l'adaptation chinoise d'Alias ?

Pour tuer l'attente et se réchauffer un peu (le fond de l'air est frais), Loïse, Séb et moi déambulons dans les Tuileries, discutons du Da Vinci Code, dont le tournage a lieu pas très loin. Il faudrait d'ailleurs que je le lise, pour savoir plus en détails de quoi ça parle. Mais, bon, en ce moment, je suis dans mon trip Isaac Asimov.

Finalement, nous sommes appelés pour tourner à 12:00. Dommage pour les heures de sommeil perdues. On nous pose à des tables, tandis que la mise en scène se met en place. Comme me disait Jean-Christophe, c'est vrai qu'ils sont rapides à se mettre en place. Peut-être trop rapide même, j'ai l'impression qu'il ne font même pas de bulle, ni de marques de suivi de mise au point. En même temps, c'est vrai que c'est un téléfilm, qu'il faut qu'ils aillent vite. Mais, si, comme me le disait Valérie, ils n'ont pas de plan de travail, ni de storyboard, savent-ils vraiment où ils vont ?

Quelques heures plus tard, Wu (de la prod) arrive sur le tournage et me confesse que le réalisateur fait n'importe quoi. Le tournage sent de plus en plus le bordel. Est-ce symptomatique d'un tournage aux Tuileries ?(cf. Les Douceurs Lasses de Paul). Nous, figurants, devions être libérés à 15h00. On nous demande alors de les accompagner pour la séquence à Montmartre, sans quoi nous ne serons pas payés. Moi, qui comptais me reposer, avant d'aller travailler toute la soirée à McDo, je l'ai un peu mauvaise et préviens qu'à 17:30, je me barre, quoiqu'il arrive.

Nous arrivons à Montmartre à 16h00, rejoints une demi-heure plus tard, par les camions avec le matériel technique. Bien que leur autorisation de tournage prenne fin à 19h00, et que les gardiens du parc n'aient pas l'air commode, le réalisateur décide de commencer par tourner des plans sur la voie publique, ne nécessitant pas les figurants. Finalement, je suis libéré à 17h15, sans avoir tourné de séquences supplémentaires. Sébastien et Loïse restent encore. En les quittant, je croise les doigts pour eux et pour l'équipe en voyant les nuages noirs qui s'approchent.

Toujours est-il que ce tournage m'a vraiment fait du bien. J'y étais en simple observateur, mais ça m'a vraiment donné envie de me remettre dans le bain. Allez, je file retourner à la rédaction de mes scénarios. Il est largement temps que je me mette à bosser si je veux m'échapper de McDo et réaliser mes projets.

dimanche, juillet 03, 2005

I Love Sundays

Dimanche. Grasse matinée jusqu'à 11h00. Réveil calin auprès d'Aurélia. Le ciel est bleu et le temps est frais. Émergence tranquille, puis petit déjeuner tardif. Retour au lit. Le soleil donne dans l'appartement. On est blottis l'un contre l'autre. Un peu après, je lis Y The Last Man, elle lit Calvin & Hobbes.

Bande-son apaisante : Looper - The Geometrid.

Un moment d'éternité... Une certaine idée du bonheur...

samedi, juillet 02, 2005

Soirée "Loups-Garous de Thiercelieux"

Je viens de finir la vaisselle. Comme d'habitude après une soirée à la maison avec les amis, elle était assez énorme. Mais, bon, je vais pas me plaindre par rapport à Aurélia, qui s'est couchée à 0h00 pour se lever à 5h15 (dur, dur d'être factrice). Alors que j'ai pu faire la grasse matinée jusqu'à 9h30. Attention, n'ayez pas trop pitié pour elle... N'oubliez pas que je vais me taper la soirée à McDo jusqu'à 1h00 du matin.

Enfin, tout ça pour dire qu'hier soir, c'était une soirée bien sympathique. Les premiers invités (Loïc, Vijay, Morris et Olivier) sont arrivés vers 18h30 et ont eu le temps de discuter cinéma pendant qu'Aurélia et moi préparions le repas. Puis, finalement, nous ont rejoint vers 19h30 Céline, Nadia et David. A l'arrivée de ce dernier s'ensuivra un débat animé entre lui et Vijay concernant Batman Begins, le premier clamant que c'est la meilleur adaptation d'un premier volet de comics qu'il ait vu et le second, batmanophile averti trouvant (à juste titre selon moi) le film de Christopher Nolan décevant.

Après que tout le monde se fut repu de l'excellent poulet à la moutarde préparée par ma chère et tendre, dont les qualités de cuisinière n'ont de cesse de me ravir, nous décidons de jouer aux Loups-Garous de Thiercelieux, amené par Loïc lors d'une précédente soirée, mais auquel nous n'avions joué lui ayant alors préféré "Les Chevaliers de la Table Ronde".

Le principe du jeu est simple et diaboliquement efficace. On distribue à chaque joueur une carte de personnage. Chacun est soit un loup-garou, soit un villageois (parmi lesquels certains peuvent avoir des capacités spéciales tel le chasseur ou la voyante). Après que chacun ait pris connaissance de sa carte, il la pose devant lui face cachée. Le maître de jeu démarre alors la partie.

Le maître de jeu annonce que la nuit tombe sur le village. Tout le monde s'endort (c'est-à-dire baisse la tête et ferme les yeux). Le maître de jeu dit alors aux deux loups-garous de se réveiller (deux car nous étions neuf, mais le nombre de loups-garous dépend du nombre de joueurs). Ils désignent silencieusement au maître de jeu leur proie, puis se rendorment.

La maître de jeu annonce alors le lever du soleil. Les villageois se réveillent et découvrent la victime, qui dès lors n'a plus le droit de communiquer avec les autres joueurs. Au cous de la journée, tout le monde commence alors à discuter pour savoir qui, parmi les joueurs, peuvent être les loups-garous. A la fin de la journée, chacun vote et désigne celui qu'il pense être un loup-garou. Il se dégage alors une forte ambiance de paranoïa, chaque joueur pouvant être un loup-garou qui cherche à induire les villageois en erreur pour les amener à voter contre un villageois. Puis, la nuit retombre, comme précédemment, jusqu'à ce que tous les loups-garous ou tous les villageois soient morts.

La soirée fut riche en événements. Mais au cours de toutes les parties, nous avons pu vérifier la malchance proverbiale de Vijay, tour à tour villageois innocent sacrifié par les autres et loup-garou démasqué rapidement. Vijay, qui aura été à la base des stratégies d'Olivier, dont la fourberie est tellement connu que plus d'une fois les autres villageois l'auront abusivement accusé de lycanthropie. Morris s'est détaché des autres, tantôt habile villageois, tantôt loup-garou au masque d'innocence impénétrable.


Vijay seul contre tous

Morris stoïque, Aurélia souriante & Olivier endormi


Aurélia attaquée par Pazu-Garou


Olivier démasqué

Au fil des parties, Nadia s'est spécialisée malgrè elle dans les rôles de la petite fille ou de la sorcière et s'est révélée d'une aide précieuse pour l'ensemble des villageois, se révélant à chaque fois être une des plus perspicaces sur l'identité réelle de David. Il faut dire que cela aide d'être en couple et de bien connaître l'autre. De la même manière, Loïc-garou n'a pas réussi à cacher son identité à Céline, tandis que lors de la dernière partie, Aurélia démasquait mes mensonges de lycanthrope en moins de deux secondes.

Attention, Loïc! Céline est dans ton dos

Nadia suspecte David ?

David, loup-garou psychopate ?

Nadia méfiante

Excellente soirée, donc, ponctuée de nombreux fous rires. Si ce billet vous a donné envie d'y jouer, vous trouverez toutes les informations en cliquant sur le lien suivant: http://lesloupsgarous.free.fr/htm/accueilR.htm

vendredi, juillet 01, 2005

My Summer of Love (Pawel Pawlikovsky, 2004)

Je ne vous ai pas encore parlé de Stéphane. Stéphane, c'est mon ex-voisin de palier (ex car depuis j'ai déménagé à l'intérieur du même immeuble). Quand j'étais étudiant, Stéphane faisait peur à mes copains qui passaient à la maison, car il essayait à chaque fois de les draguer. Je crois même qu'il a essayé avec moi lorsque je suis arrivé sur Paris, mais je n'en suis pas sûr. De toute façon, depuis que je suis avec Aurélia, il n'a plus de doute sur ma sexualité et nous sommes donc amis. Une autre caractéristique de Stéphane qui peut faire fuir les gens est qu'il est très mystique et peut paraitre fou aux personnes qui ont peur de l'irrationnel. Personnellement, ce que je retiens, c'est que Stéphane est quelqu'un d'entier, cultivé, doté d'un réel sens de l'humour, respectueux des autres et qui m'a rendu pas mal de services (si tu lis ceci, merci encore de m'avoir laissé tourner chez toi une partie de mon film de fin de première année). En résumé, Stéphane, je l'aime beaucoup.

Depuis une semaine, à chaque fois, que je croise Stéphane, notre discussion peut se résumer ainsi :
- Alors, David, tu as enfin vu My Summer of Love ?
- Non, pas encore.
- Et moi qui croyais que tu t'intéressais au cinéma. C'est le meilleur film que j'ai vu cette année avec Mysterious Skin.
Vu qu'on avait déjà eu cette discussion à propos de Mysterious Skin, pour lequel il avait insisté de la même manière et qu'à l'arrivée, Aurélia et moi n'avions pas été décus, j'ai donc répondu :
- OK. On va y aller bientôt avec Aurélia.

Cet après-midi, donc, direction le mk2 Odéon pour voir My Summer of Love. Du film, je n'avais vu que l'affiche, recu les échos positifs de Stéphane et savait qu'il s'agissait d'une histoire d'amour lesbienne. C'est donc vierge de tout a-priori que je m'installe dans la salle. Dès le début du film, Aurélia, épuisée par sa courte nuit et sa tournée de factrice, s'endort sur mon épaule. Elle se réveillera une heure plus tard. En sortant, elle me demande ce qu'elle a manqué. Je lui réponds : "pas grand chose".

En effet, je ne suis vraiment pas enthousiasmé. Non pas que le film soit mauvais. L'histoire, simple, est traité de manière sobre et juste, dans un style épuré et naturaliste, presque à la manière du Dogme 95. Les acteurs sont très bons et le film, qui pourrait facilement devenir chiant, ne l'est aucunement. Mais, à mes yeux, My Summer of Love est juste un bon film. Alors, Stéphane, qu'est-ce que je n'ai pas vu qui en fait un film si extraordinaire ? Est-ce uniquement parce que je ne suis pas homosexuel que je ne me retrouve pas dans les personnages? Et si c'est le cas, pourquoi, à ce moment là, ai-je apprécié Mysterious Skin, qui est autrement plus trash ?

Un p'tit bilan de milieu d'année

Aujourd'hui, c'est le 1er Juillet. Alors plutôt que d'attendre le 1er janvier 2006 pour faire un bilan de l'année cinéma, je vais déjà faire le point sur les films qui m'ont marqué depuis six mois.

Tout d'abord, LE film de l'année (pour l'instant) : La Vie Aquatique de Wes Anderson. L'histoire de Steve Zissou (Bill Murray), équivalent fictionnel d'un commandant Cousteau, qui a bord de son bateau le "Belafonte", traque les créatures marines les plus insolites et réalise des documentaires sur celles-ci. Son dernier film, dans lequel on assiste à la mort de son plus ancien collaborateur attaqué par un soi-disant requin-jaguar (malheureusement non filmé par l'équipe Zissou), se heurte à l'incrédulité du public et ne suscite que moqueries. Bien décidé à venger la mort de son compagnon, Steve Zissou décide de repartir en chasse du requin-jaquar. C'est ce même soir, qu'apparaît dans sa vie Ned Plimpton (Owen Wilson), qui prétend être son fils, et que l'océanologue va intégrer à son équipage.

Au XIXème siècle, lorsqu'il écrivait Hernani, Victor Hugo souhaitait créer une fiction nouvelle, où les personnages ne seraient pas enfermés dans des stéréotypes, mais apparaîtraient sérieux, comiques ou tragiques, suivant les situations. C'est cette ambition que partage La Vie Aquatique, tour à tour film d'aventures, drame familial, comédie décalée et rêverie poétique.

Steve Zissou (impeccable Bill Murray, au flegme et à la nonchalance inimitables) est un Don Quichotte moderne, poursuivant une chimère à laquelle lui seul croit. Sauf qu'il n'a pas juste un compagnon, mais une véritable petite famille qui gravite autour de lui. Tout d'abord, sa femme Eleanor, interprétée par Anjelica Huston, véritable cerveau de la Team Zissou, avec laquelle il rentre en conflit suite à leurs difficultés financières. Ensuite, Klaus Deimler (Willem Dafoe), qui se considère comme le fils spirituel de Steve Zissou et apprécie très mal l'arrivée de Ned, le fils "légitime". Enfin, embarque à bord une journaliste enceinte (Cate Blanchett) chargée de réaliser un reportage sur la Team Zissou, et qui sera à l'origine d'une rivalité amoureuse entre Steve et Ned, compliquant ainsi leur relation père-fils.

Toutes ces situations permettent à Wes Anderson de livrer une excellente comédie de moeurs, ponctuée de réveries poétiques, bercées par les reprises de David Bowie version bossa-nova acoustique (merci Seu Jorge) et de séquences d'action trépidantes (l'attaque des pirates, le sauvetage de Jeff Goldblum). La Vie Aquatique est une incontestable réussite, diablement originale et enthousiasmante, portée par un casting de rêve.



Mon autre gros coup de coeur de ce début d'année : The Taste Of Tea de Katsuhito Ishii. A travers la chronique d'une famille japonaise vivant à la campagne, le réalisateur livre un film à la fois mélancolique et joyeux, dans lequel tout un chacun peut se retrouver. Le film suit alternativement chaque membre de la famille et nous fait goûter à leurs petits moments de bonheur. La petite fille, qui poursuivie par un double géant imaginaire, va appliquer les conseils de son oncle pour s'en débarrasser; le grand frère, qui pour séduire la fille dont il est amoureux, s'inscrit au club de jeu de go dont elle fait partie; L'oncle, ingénieur du son, qui au cours de ses vacances dans sa famille, retrouve un ancien amour. Et ainsi de suite...

Par de nombreux aspects, le film nous rappelle la sérénité qui émane de certains films de Yasojiro Ozu ou de l'Eté de Kikujiro de Takeshi Kitano. Mais, en plus de cela, Katsuhito Ishii, qui a déjà travaillé sur des films d'animation (notamment la séquence de la jeunesse d'O-Ren Ishii dans Kill Bill Volume 1), n'hésite pas à faire appel aux effets spéciaux (le double géant de la fillette, le train qui sort du crâne du garçon) pour enrichir son film d'idées nouvelles et lui conférer une identité propre. Et son travail n'est finalement pas éloigné de celui effectué en animation par Isao Takahata sur des films comme Mes Voisins Les Yamada ou Only Yesterday (qui aura enfin droit à une sortie française en octobre... 2006). D'ailleurs, il semble souligner la proximité de leur travail lors de la séquence extrèmement émouvante où la famille découvre les croquis d'animation réalisé par le grand-père.

Voilà, pour mes deux gros coups de coeur de ce début d'année.

A part çà, on notera d'autres très bons films, parmi lesquels : Assaut sur le Central 13, le très bon remake par Jean-François Richet du film de John Carpenter; Crazy Kung-Fu de Stephen Chow, ou quand Tex Avery rencontre les arts martiaux; Le Crime Farpait, excellente comédie signée Alex De La Iglesia; Million Dollar Baby de Clint Eastwood, qui a d'ailleurs peut-être été un peu trop récompensé, non?; Neverland de Mark Forster, qui nous fait découvrir le mythe de Peter Pan tel qu'on ne l'avait plus vu depuis sa création.

Enfin, déception de la plupart des blockbusters : Star Wars - La Revanche des Sith (George Lucas) retrouve un peu du rythme de l'ancienne trilogie mais souffre clairement du côté de la mise en scène (combats au sabre lasers filmées de manière trop sérée, direction d'acteurs parfois calamiteuse et palme de la séquence la plus ridicule lorsque Dark Vador brise ses liens en criant un "non" peu crédible après avoir manqué de se casser la gueule).
Sin City (Robert Rodriguez et Frank Miller) retranscrit fidèlement l'univers visuel des comics, porté qui plus est par un casting excellent, mais la trop grande fidélité à la bande dessinée ainsi que l'abus de voix off, crée un certain hermétisme.
Enfin, Batman Begins (Christopher Nolan) est celui qui frôle du plus près la réussite totale. Les acteurs sont impeccables, l'ambiance est prenante et les personnages sont très bien écrits, nous livrant une première moitié de film réellement enthousiasmante. Dommage que par la suite, l'intrigue joue la carte de la fausse complexité, avec un coup de théâtre (l'identité de Ra's Al-Gul) finalement sous-exploité puisque l'affrontement entre Batman et Ra's Al-Gul, en plus d'être extrèmement mal filmé avec des scènes d'action illisibles, ne conserve pas sa force psychologique, les deux personnages se contentant d'aligner des "punch-lines" un peu trop basiques. Vraiment dommage, j'aurai tant aimé en faire mon chouchou de l'année.

Voilà, pour ce début d'année...

mercredi, juin 29, 2005

King Kong, le trailer

Ca y est, depuis lundi, le trailer du King Kong de Peter Jackson est en ligne. Pour les impatients, cliquez sur le lien suivant: Trailer King Kong

A la vue de ce trailer, le film s'annonce très bien. Les acteurs semblent impeccables et la séquence au sein de la tribu indigène promet d'être assez flippante. Seul bémol, certains dinosaures sentent vraiment le digital. Espérons que Weta va pleinement utiliser le temps qui lui reste avant la sortie pour parfaire les effets spéciaux. En tout cas, vivement le 14 décembre.

Infernal Affairs II (Andrew Lau & Alan Mak, 2003)

Lundi soir, la chaleur de Paris est étouffante. De plus, le soleil tape toute l'après-midi sur notre appartement. Seule protection, nos rideaux jaunes, dont l'épaisseur a le mérite de stopper légèrement la chaleur.

Alors que depuis deux semaines, nous regardons quasiment chaque soir deux épisodes de 24 Saison 1 (Merci Vijay pour les DVD), Aurélia et moi sommes confrontés à une grave crise de couple. Alors que, comme toute personne normalement constitué, je suis relativement accro aux péripéties de l'agent fédéral Jack Bauer, depuis samedi Aurélia est diagnostiqué par un ami comme la première personne sur qui 24 ne fonctionne pas. Peut-être est-ce lié au rythme de visionnage trop intensif que fournit le DVD, toujours est-il que les multiples rebondissements ne l'intéressent pas ? Résultat, nous choisissons de regarder autre chose, quitte à ce que je me choppe un ulcère à l'idée de devoir attendre pour savoir qui est à bord de l'hélico survolant George Mason et Jack Bauer à la fin de l'épisode 20.

Vu que notre objectif en ce moment est de regarder les DVD que l'on nous a prêtés afin de pouvoir les rendre à leurs propriétaires respectifs, nous avons donc le choix entre Devdas (oui, mister Vial, cela fait plus d'un an qu'on te l'a emprunté mais promis, on le regarde bientôt), Quai des Brumes, Le Jour Se Lève, La Maison du Diable et Infernal Affairs II. Vu l'intitulé de ce billet, vous aurez rapidement deviné que nous n'étions d'humeur ni pour un film bollywoodien, ni pour un classique français, ni pour un film angoissant.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Infernal Affairs (Andrew Lau et Alan Mak, 2002) est un excellent polar hong-kongais, narrant l'histoire d'un flic infiltré chez les truands (Tony Leung Chiu Wai) et d'un truand infiltré chez les flics (Andy Lau), essayant de se dépister l'un l'autre. Véritable film de personnages, au scénario incroyablement maîtrisé, le film s'est révélé être le plus gros succès au box-office hong-kongais en 2002. Sorti en France en 2004, le film a rencontré une excellente critique et un succès public moyen.

Suite à ce succès, comment se fait-il que le distributeur n'ait pas encore sorti les deux suites qui ont été tournées dans la foulée, obligeant les spectateurs curieux à se rabattre sur le DVD hong-kongais (sous-titré anglais) ? Car, à trop laisser le temps passer, les spectateurs auront oublié les événements du premier quand Infernal Affairs II sortira sur les écrans français et n'apprécieront pas forcément tous les éléments scénaristiques de cette "préquelle".

Ainsi, Aurélia qui avait un vague souvenir du premier volet qu'elle avait vu 10 mois plus tôt, a commencé à s'énerver durant la première demi-heure où elle avait du mal à comprendre ce qui se passait, aidée en cela par des sous-titres anglais furtifs, qui restaient parfois affichés à peine une demi-seconde. Passé une petite demi-heure, une fois les personnages bien mis en place, elle a heureusement réussi à bien rentrer dans le film.

Infernal Affairs II prend place dix ans avant les événements du premier film. Suite à l'assassinat de Kwun, le parrain des parrains, la police s'attend à une guerre des gangs. Mais, le fils de Kwun, Hua (Francis Ng) reprend contre toute-attente les affaires de son père d'une main de fer, à l'aide de son bras droit, Sam (Eric Tsang). Afin de les surveiller et obtenir des informations, l'inspecteur Wong (Anthony Wong) fait s'infiltrer Yan (Shawn Yue), le demi-frère de Hua, dans le gang de celui-ci. Pendant ce temps, Ming (Edison Chen), une petite frappe au service de Sam, rentre dans les forces de l'ordre, afin de pouvoir renseigner Hua sur ce que prépare la police.


Avec ce film, Alan Mak signe un scénario magistral, nous permettant de retrouver les protagonistes du premier film, dans une histoire cette fois-ci plus axée sur l'inspecteur Wong et ses relations avec Sam, tandis que les personnages de Ming et Yan (interprétés par Andy Lau et Tony Leung dans le premier volet), plus jeunes, font offices de second rôles. Tout comme le premier film, le film est axé avant tout sur les personnages et leurs relations, les enfermant une fois de plus dans des relations complexes, liées aux motivations personnelles de chacun et aux secrets enfouis dans le passé.

Aussi maîtrisé que le premier volet, cette préquelle semble encore plus forte du fait que certaines situations, déjà fortes émotionnellement, sont renforcées par la connaissance de leurs conclusions, vues dans le premier film. En somme, les deux volets d'Infernal Affairs forment ce qui est arrivé de mieux au polar ces cinq dernières années. Il est dommage que de l'avis général, le troisième volet soit franchement inférieur, sans quoi, nous aurions tenu une trilogie parfaite. Pour ceux qui n'auraient pas encore vu le premier volet, dépéchez-vous de le découvrir avant que le remake américain (The Departed de Martin Scorsese, avec Leonardo Di Caprio et Matt Damon) ne sorte en salles.